Par Feriel Nourine
Pour réaliser son objectif de hisser la sous-traitance locale à des taux respectables dans le développement des filières industrielles, le ministère de l’Industrie indique régulièrement qu’il est en train d’œuvrer à doter cette sous-traitance des mécanismes nécessaires pour lui assurer la bonne voie et la réussite.
Pour ce faire, la tutelle travaille sur deux axes principaux, a fait savoir, hier, le ministre du secteur, Ahmed Zeghdar. «Nous aspirons à travailler à son développement (ndlr la sous-traitance) en réalisant deux axes principaux», a déclaré M. Zeghdar dans une intervention à l’ouverture de la 7e édition du Salon international de la sous-traitance (ALGEST 2022).
Le premier axe concerne la création d’une base de sous-traitants, pour assurer le développement effectif du secteur industriel, alors que le second axe a trait au soutien de l’intégration des capacités nationales afin d’assurer la substitution des importations et de permettre l’exportation des produits des manutentionnaires locaux.
Des efforts sont déployés dans l’organisation et l’encadrement de la politique de développement de la sous-traitance, à travers un climat favorable, a affirmé l’intervenant, soulignant que cela implique la mise en place «d’un nouveau système juridique approprié et stable pour assurer le développement et l’attractivité de l’investissement».
Il s’agit aussi de «travailler à la préparation d’un plan stratégique clair basé sur une industrie réelle pour l’avancement de toutes les branches industrielles, en particulier dans l’industrie automobile et de la mécanique», a-t-il ajouté, réaffirmant l’objectif de l’Etat de porter le taux d’intégration dans cette filière à 40% dans les cinq années qui suivent l’entame de la phase d’industrialisation d’un projet.
Pour atteindre cet objectif, «il est nécessaire de créer un partenariat gagnant-gagnant et de mobiliser les capacités et compétences disponibles localement, ou d’opter pour un partenariat étranger conditionné au transfert de technologie», a souligné le premier responsable du secteur, expliquant qu’une sous-traitance solide contribuera davantage à accroître le PIB.
L’installation d’une industrie automobile permettrait de faire baisser sensiblement les prix des véhicules sur le marché, a encore dit le premier responsable lors d’une conférence de presse animée hier, en marge d’Algest 2022. Faisant remarquer que le marché évolue ces dernières années dans une conjoncture particulière marquée par l’arrêt des usines d’assemblage, il a assuré que les véhicules produits en Algérie reviendront à «leurs prix réels», c’est-à-dire nettement en dessous de ceux proposés actuellement dans les showrooms des importateurs multimarques. Des prix qui ont connu également une envolée chez Renault Algérie qui a repris ses activités récemment après avoir récupéré ses kits d’assemblage. Les Renault Symbol et Dacia Sandero Stepway sont affiché avec une hausse de plusieurs dizaines de milliers de dinars par rapport à ce que valaient ces deux modèles avant l’arrêt de l’assemblage automobile en Algérie.
Mais dans le cas des usines appelées à voir le jour, c’est la stratégie de la sous-traitance et l’intégration locale qui va jouer son rôle pour déterminer les prix des véhicules. «Le prix de revient du véhicule va baisser, du fait de la production d’intrants localement», a expliqué encore M. Zeghdar. Rappelons que ALGEST 2022 est un événement qui se tient du 14 au 18 novembre au Palais des expositions de la Safex, regroupant 80 entreprises nationales et étrangères activant dans les secteurs des industries mécanique et métallique, sidérurgique et métallurgique, électrique, électronique et automatisme, chimique et pétrochimique (caoutchouc, plastique et composite, verre…), énergies renouvelables et environnement, machines et équipements, fournitures industrielles, fixations, et services liés à l’industrie (Maintenance industrielle, Formation, Engineering, Conseils, NTIC). La liste des entreprises participant à ce salon s’est considérablement élargie, comptant aussi des start-up et les micro-entreprises, faisant de cette nouvelle édition d’ALGEST une opportunité pour «établir des liens de partenariat entre les donneurs d’ordre et les entreprises de sous-traitance, et mettre en exergue les capacités du tissu industriel national dans le domaine de la sous-traitance», indique les organisateurs de l’évènement. n