Le projet de l’usine Fiat en Algérie gagne en vitesse d’exécution. Un mois et demi après la signature d’un accord-cadre entre le ministère de l’Industrie et le groupe Stellantis, propriétaire de la marque italienne, le cap est désormais mis sur la concrétisation de l’usine après la signature du cahier des charges fixant les conditions d’exercice en Algérie. Coup de starter pour ce projet domicilié à Oran, dans la zone industrielle de Tafraoui.

Par Feriel Nourine
Après l’accord-cadre signé le 13 octobre dernier entre le ministère de l’Industrie et le groupe Stellantis pour l’implantation d’une usine Fiat en Algérie, ce projet est passé à l’étape de la concrétisation à travers la signature, par le même groupe, du cahier des charges et d’une convention avec l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI).
En, effet, la signature du cahier des charges signifie que Stellantis a approuvé les dispositions contenues dans ce texte publié, le 17 novembre, à l’adresse des constructeurs automobiles désireux de s’engager dans la stratégie mise en place par l’Etat algérien pour l’implantation d’une véritable industrie en la matière. Des dispositions synonymes de multiples mesures incitatives pour l’investissement porteur en matière de sous-traitance locale et d’intégration, faut-il le rappeler.
Quant à la signature de la convention entre Stellantis et l’AAPI, elle ouvre officiellement la voie à la réalisation par le groupe automobile de l’infrastructure de l’usine et son équipement, conformément au même cahier des charges. Autrement dit, à travers cette convention, c’est l’accord d’investissement qui a été signé entre les deux parties.
S’exprimant lors de la cérémonie de signature de la convention, le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, a affiché sa satisfaction en faisant remarquer que cette opération constitue une «étape importante» dans la concrétisation du projet Fiat en Algérie. «L’engagement de Stellantis et le projet Fiat constituent un atout pour le développement et la diversification de la filière automobile en Algérie», a déclaré M. Zeghdar, soulignant que le groupe propriétaire de Fiat «a accepté de relever le défi d’atteindre les taux d’intégration imposés».

Une «étape importante»
Lesquels taux «nécessitent la mobilisation d’un grand nombre d’entreprises industrielles qui se chargeront d’approvisionner la construction automobile en différents entrants et de contribuer ainsi à la diversification de l’économie nationale et à l’augmentation du taux de participation de l’industrie au Produit intérieur brut (PIB)», a ajouté le premier responsable du secteur.
Abondant dans le même sens, le Directeur général de l’AAPI, Omar Rekkache, a affirmé, lui aussi, que la signature de l’accord d’investissement avec le groupe Stellantis «constitue une nouvelle étape marquant le lancement effectif du projet» qui permettra «d’asseoir les fondements d’une véritable industrie automobile», dans la mesure où il «représente un investissement structuré visant à créer une grande dynamique économique et à renforcer le tissu industriel du pays», a-t-il soutenu.
Ce que ne manquera pas de confirmer le directeur exécutif des opérations Afrique et Moyen-Orient du groupe Stellantis, Samir Chorfan, présent à la cérémonie de signature de la convention. Ce dernier a réitéré l’engagement manifesté par le patron du même groupe, Carlos Tavares, lors de la signature de la convention cadre, il y a un mois et demi. Domiciliée à Oran, dans la zone industrielle de Tafraoui, l’usine algérienne de Fiat s’étalera sur «un terrain de 40 hectares, avec 80 hectares attenants dédiés à l’installation des fournisseurs de proximité et des entreprises de sous-traitance», a fait savoir M. Chorfan. Grâce à cet acquis considérable en matière de foncier industriel, un véritable écosystème va ainsi se développer au travers d’un plan d’intégration locale, permettant à la fois la montée en compétence d’acteurs déjà installés en Algérie et l’arrivée de nouveaux acteurs en vue d’atteindre les taux d’intégration requis dans le cahier des charges et au-delà».
Des taux qui ont été révisés à la baisse par le nouveau cahier des charges, permettant aux investisseurs dans l’industrie automobile de boucler leurs deux premières années d’activité à hauteur de 10% en matière de sous-traitance locale, puis 20% au terme de la troisième année et 30% au terme de la cinquième année.
En plus de l’abaissement du taux d’intégration, le nouveau cahier des charges introduit d’autres mesures incitatives qui facilitent les procédures d’installation aux investisseurs intéressés par la mise en place et le développement d’une industrie automobile en Algérie, dont particulièrement un régime fiscal préférentiel qui concerne «les matières premières importées ou acquises localement, ainsi que les composants acquis auprès de sous-traitants locaux, sur la base d’une liste quantitative établie au titre de chaque exercice fiscal, comme partie intégrante d’une décision d’évaluation technique délivrée par le ministre chargé de l’Industrie», détaille le texte publié il y a deux semaines. «Les ensembles, sous-ensembles et accessoires importés destinés à la première monte ne peuvent, en aucun cas, faire l’objet de revente en l’état», précise la même source au sujet du tarif préférentiel mis en place.

60 000 véhicules par an dès la première année
Ces dispositions semblent bien s’inscrire dans les objectifs de Stellantis qui promet d’entamer ses activités de production dès la fin de 2023, avec une capacité initiale de production de 60 000 véhicules par an dès la première année, qui atteindra par la suite 90 000 véhicules par an.
La production de Fiat en Algérie, qui s’inscrira dans le plan stratégique Dare Forward 2030 dégagé par Stellantis, à travers le groupe, a annoncé son ambition d’atteindre une capacité de production d’un million de véhicules par an d’ici 2030 dans la région Afrique et Moyen-Orient et ainsi que 70 % d’autonomie industrielle régionale.
«En cohérence avec le plan stratégique régional, ce projet de la marque Fiat en Algérie s’appuie sur 3 piliers indissociables», a expliqué M. Chorfan, citant «le développement d’un tissu de fournisseurs performants, la contribution à la création de cursus de formation supérieure et professionnelle pour l’industrie automobile ainsi que la production, commercialisation et exportation de véhicules aux standards mondiaux».