Après une période d’hésitations provoquée par des cahiers des charges jugés «trop contraignants», les opérateurs économiques semblent se bousculer au portillon pour décrocher l’autorisation d’activer dans l’industrie automobile ou l’importation de véhicules neufs. C’est du moins ce que laisse transparaître le bilan rendu public par le ministère de l’Industrie à propos de l’opération de pré-inscription électronique des constructeurs automobiles et des concessionnaires de véhicules neufs, lancée le 20 septembre à travers une plateforme électronique dédiée. Celle-ci a, en effet, enregistré 184 pré-inscriptions formulées par 140 opérateurs économiques, selon ce bilan, arrêté au 1er octobre, indique le département de Ferhat Aït Ali dans un communiqué, précisant que certains opérateurs se sont inscrits pour les deux activités, dont chacune est désormais réglementée par un nouveau dispositif contenu dans un cahier des charges.
La majorité des préinscrits visent l’activité d’importation et de commercialisation de véhicules neufs, puisque ces derniers au nombre de 133 opérateurs, contre 51 préinscriptions enregistrées pour l’activité de construction de véhicules, tous types confondus, précise la tutelle.
La plateforme numérique a enregistré 40 préinscriptions pour l’importation de véhicules de tourisme, 37 pour les motocycles, 15 pour les camions, 12 pour les engins roulants, 10 pour les tracteurs et matériels agricoles, 6 pour les bus et autocars, 5 pour le matériel de travaux publics, 4 pour les tracteurs routiers et 4 autres pour les semi-remorques, détaille la même source. S’exprimant hier, en marge des travaux de la Conférence nationale des start-ups, Ferhat Aït Ali a précisé que parmi les 133 opérateurs ayant déposé leur fiche de préinscription pour l’activité de concessionnaire, plus de 100 sont des nationaux.

En effet, «plus de 80% de ce nombre sont des opérateurs nationaux inscrits sur la plateforme numérique mise en place par le ministère de l’Industrie pour la sélection des futurs concessionnaires qui seront autorisés à effectuer des opérations d’importation des véhicules neufs en Algérie selon les exigences fixées dans le nouveau cahier des charges». Le ministre n’explique pas sur quelle base les opérateurs restants, c’est-à-dire des étrangers, ont décidé de s’inscrire, alors que ces derniers sont exclus de cette activité jusqu’à promulgation du nouveau cahier des charges décidé par les pouvoirs publics à leur égard.
Dans le cas de l’industrie automobile, ce sont des opérateurs nationaux et étrangers qui ont manifesté leur intérêt, a ajouté le ministre, précisant que 5 entreprises l’ont fait pour la construction de véhicules de tourisme.
Les dossiers déposés «seront soumis à examen pour une durée de 30 jours», a-t-il rappelé, soulignant qu’en cas de refus, les opérateurs concernés auront un délai de 30 jours pour formuler un recours. Insistant sur l’objectif du gouvernement d’encourager les projets de construction automobiles intégrés, le ministre de l’Industrie a souligné que l’activité d’importation sera régulée de manière à alimenter le marché national et d’éviter d’éventuels dysfonctionnements, notamment la déperdition de devises. Dans cette logique, il a expliqué une nouvelle fois que les importations obéiront au système de quota. Dans une précédente déclaration, il avait estimé ce quota à 200 000 véhicules par an, en expliquant que le nouveau cahier des charges consacré à l’importation des véhicules neufs a été pensé «de sorte à ce que les importations soient de 200 000 véhicules par an». Ces volumes «seront composés essentiellement de véhicules de gamme destinés à la classe moyenne des citoyens et dont les prix oscillent entre 10 000 et 12 000 dollars», avait-il précisé.
Ainsi donc, la plateforme numérique mise en place par le ministère de l’Industrie a pu donner un aperçu sur l’intérêt toujours fort des opérateurs pour le secteur automobile en Algérie, notamment pour l’activité de concessionnaires. Toutefois, nombreux parmi ces derniers, qui ont déjà exercé cette activité avant sa suspension, n’ont pas hésité à critiquer le nouveau cahier des charges, considérant que les mesures introduites sont «trop contraignantes». Ripostant à ces critiques, M. Aït Ali avait expliqué que ces mesures «visent à mettre en place un marché automobile qui profite à la majorité et non pas à faire plaisir à des concessionnaires». Il reconnaîtra indirectement que le nouveau dispositif régissant l’activité de concessionnaire automobile est «contraignant» et qu’«il faudra avoir les reins solides» pour se lancer dans l’aventure. «Personne n’est toutefois dans l’obligation de faire cette activité», avait-il lancé.