Les marches de contestation populaire se suivent chaque vendredi à Alger et dans les grandes villes algériennes, donnant à voir des Algériens qui revendiquent un véritable changement et le refus de s’engouffrer dans ce qui fait office de dialogue actuellement. L’offre de dialogue, prônée par le panel, n’est à l’évidence pas accepté par les contestataires qui l’expriment chaque vendredi y voyant une énième manœuvre du pouvoir, d’autant que ce dernier refuse pour l’heure de faire la moindre concession. L’abnégation et la résistance du mouvement contestataire sont en soi un signe politique d’une grande éloquence. Les Algériens sont manifestement résolus à aller de l’avant et à imposer un changement du système politique, toujours en place malgré le bouleversement ambiant.
Cette réalité semble désormais inévitable, et vouloir l’ignorer, c’est tout simplement refuser de dépasser véritablement la crise et exclure de s’installer dans un après apaisé. D’ailleurs, le mouvement de contestation pour le changement pour son 26e vendredi de suite appelle à aller vers des situations de dialogue véritable et sans exclusif.
Cette situation de blocage, résultat d’une crise politique toujours sans issue, ira inéluctablement en se compliquant. Jusqu’à arriver au seuil de l’insupportable, un seuil auquel on ne voudrait même pas y penser. La difficulté même à imaginer les évolutions possibles de la crise politique actuelle est symptomatique de la complexité de la donne. Il n’y a pire situation que celle d’un bateau à la dérive livré à la houle des vagues.
Les observateurs prévoient déjà un septembre chaud.
Le Hirak, dont on avait prévu la suffocation, a pu garder un rythme et une présence manifestes dans la période la plus difficile de l’année en termes de mobilisation. Un état de forme qui se passerait de tout commentaire.
Plus que jamais, les Algériens sont en attente de la fin d’une situation de précarité et de l’engagement de leur pays dans un véritable processus transitionnel qui déboucherait sur l’indispensable stabilité institutionnelle.