La non-réception de l’indemnité accordée par le gouvernement aux transporteurs de voyageurs, soit 90 000 DA partagés en trois tranches, décidée en août 2020, se pose toujours avec beaucoup d’acuité chez les concernés qui s’étonnent d’ailleurs d’un certain discernement à leur égard. Mais pour le président de la Fédération nationale du transport des voyageurs et des marchandises (FNTV), Abdelkader Boucherit, contacté par Reporters hier, cela est dû au fait que nombreux sont ceux qui n’avaient pas payé leurs cotisations auprès de la Caisse nationale d’assurance sociale des non-salariés (Casnos) pour la période 2019-2020. Nous expliquant en outre que le conducteur d’autobus ou le taxieur, pour pouvoir bénéficier de l’indemnité en question, est tenu de présenter le document certifiant qu’il est à jour vis-à-vis de ses cotisations relatives à la Casnos pour l’exercice 2019-2020. «Une condition que je considère sévère compte tenu des pertes qu’ils ont subies après 9 mois d’inactivité. C’est pourquoi, j’estime qu’il serait plus sage de procéder à une révision de ce dispositif.» Pour sa part, le président de la Fédération nationale des exploitants de taxi, Hocine Aït Brahim, également contacté par Reporters, plaide pour la mise place d’un échéancier de paiement des cotisations plus souple tout comme la levée des sanctions liées au retard de paiement des cotisations.
De son côté, Mohamed Bellal, président de l’Union nationale des transporteurs (Unat), contacté par nos soins, rapporte qu’un important nombre de transporteurs (autobus et taxi) ont à ce jour bénéficié de deux tranches de l’indemnité décidée par le gouvernement soit un total de 60 000 DA, pour un montant global de 90 000 DA, «au moment où d’autres se plaignent de n’avoir rien reçu plus de 5 mois après l’annonce dudit dispositif. Notre locuteur souligne que les transporteurs, après neuf mois d’inactivité, synonyme d’aucune rentrée d’argent, mais des charges à régler, ces derniers essayent de reprendre le rythme de l’avant-crise depuis la levée de la suspension de circuler le 1 janvier dernier, tout en se pliant aux règles exigées. Le président de l’Unat nous rapporte que les conducteurs d’autobus et de taxi inter wilayas se disent satisfaits de la reprise en dépit de la réduction de 50% du nombre de voyageurs pour les autobus et de plus de cinq voyageurs dans les taxis à huit places. Une mesure qui a un impact certain sur leur revenu par trajet. «Mais qu’ils acceptent tant que cela sert à lutter contre la propagation de la pandémie de la covid-19», conclut-il. <