Ulcérés. Révoltés. Les transporteurs de voyageurs inter-wilayas (Taxi et bus) le sont depuis qu’ils ont appris que les indemnités de 30 000 DA, décidées tout dernièrement par le Premier ministre Abdelaziz Djerad, en soutien suite à l’arrêt d’activité pour cause de confinement dû à la pandémie de la Covid-19, sont soumises à condition.

Selon le président de la Fédération nationale des transporteurs de voyageurs et de marchandises (FNTVM) Abdelkader Boucherit, contacté hier par Reporters, les transporteurs ont très mal accueilli l’obligation de ramener une attestation de la Casnos et des services des impôts prouvant qu’ils sont en règle avec ces deux administrations. «Un critère auquel ne semblent pas pouvoir répondre des transporteurs, quand bien même ces derniers sont dans un véritable besoin de percevoir cette indemnité de 30 000 DA par mois qui prend effet du mois d’août à octobre 2020», révèle le président de la FNTVM. C’est pourquoi il suggère que ce critère soit levé. Sur ce dernier point, Reporters a appris du président de l’Union nationale des transporteurs (Unat) Mohamed
Belal que les directions de transports de wilaya ont reçu instruction, portant référence 3065, du ministère de tutelle de ne soumettre à aucune condition les indemnités octroyées aux transporteurs de voyageurs inter-wilayas. Une réaction qui suggère que le ministère des Transports a réalisé que les critères d’octroi d’indemnité pénaliseraient davantage cette corporation en situation financière des plus précaires et qui voyaient en ce soutien financier une sorte de bouffée d’oxygène. Toujours est-il, le patron de l’Unat estime que la levée des conditions à l’octroi d’indemnisation «relève du bon sens dans l’attente que les pouvoirs publics donnent le feu vert aux transporteurs de voyageurs de reprendre du service ». C‘est d’ailleurs ce qu’ils espèrent avec beaucoup d’impatience, étant sans revenus depuis mars 2020. Or, selon les arguments avancés par le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de la Covid-19, la reprise n’est pas proche. Le comité jugeant que la libre circulation des personnes sur plus ou moins de longues distances à bord de taxi ou de bus peut devenir un facteur de contamination, et donc la commission prône la prudence. En clair, retarder la décision de reprise de cette catégorie de transport de voyageurs tant que le risque de contamination n’aura pas complètement disparu.
«Tout dépendra de l’évolution de la courbe des nouveaux cas enregistrés au quotidien qui doit être en constante baisse et se rapprochant du seuil qui pourra nous permettre de nous prononcer en faveur d’un retour à la circulation de personnes en car ou en taxi entre l’ensemble des wilayas du pays. C’est à cette seule condition», avait martelé Dr Mohamed Bekkat-Bekani, membre du Comité scientifique, lors de son passage tout dernièrement à la Radio nationale. Non sans préciser à cette même occasion que «notre position vis-à-vis de la question obéit à la démarche de déconfinement progressif mise en place par le gouvernement». Il a argué que «le coronavirus n’a pas complètement disparu c’est pourquoi on essaye de limiter sa propagation en interdisant la circulation inter-wilayas de groupes de personnes en car ou en taxi» et ce, «en raison du mode de transport en lui-même car c’est le déconfinement progressif qui dicte cette mesure préventive».
En définitive, il y a tout lieu de croire que cars et taxis inter-wilayas ne sont pas à la veille de reprendre la route. Les concernés resteront dans l’attente de savoir si le dispositif d’indemnité valable jusqu’à cette fin de mois sera prorogé ou pas.