Les compagnies d’assurances de dommages ont été instruites par le ministère des Finances de rompre avec les lenteurs dont souffre le traitement des dossiers des sinistres. Elles ont, de ce fait, été sommées d’en réduire les délais, mais aussi d’améliorer la qualité des prestations envers leur clientèle. En ce sens, la tutelle a fixé le délai d’indemnisation à 21 jours maximum pour la branche automobile, sachant que celle-ci compte l’essentiel des sinistres dans l’assurance dommages.
L’instruction du ministère a été déclenchée par les nombreuses requêtes qui lui ont été transmises par les assurés «réclamant le règlement de leurs dossiers de sinistres, tout en faisant état de retards importants que connaît le traitement des dossiers, souligne-t-il dans la note transmise aux 12 compagnies activant dans l’assurance dommages. Des requêtes transmises préalablement aux compagnies concernées, mais «ne sont pas traitées avec la diligence nécessaire et font l’objet de rappels auxquels les sociétés d’assurances répondent, le plus souvent, dans des délais très longs, voire auxquels aucune réponse n’est réservée», explique le document. Avant de considérer qu’«une telle situation est en déphasage total avec les efforts des pouvoirs publics qui, de manière générale, visent l’amélioration des services aux citoyens».
La note, adressée par Aymen Benabderrahmane, compte une copie transmise également au président de l’Union algérienne des assureurs et réassureurs (UAR). «Pour les sociétés d’assurances, cette situation est symptomatique de dysfonctionnements persistants qui altèrent la qualité de leurs services et qui ne contribuent pas, bien au contraire, à l’amélioration de leur image et au renforcement de la relation de confiance qui doit prévaloir entre les assureurs et les assurés», est-il relevé par la tutelle qui insiste sur l’obligation de «prendre toutes les mesures nécessaires pour une amélioration significative du processus d’indemnisation des sinistres», et ce, notamment par «la mise en place de procédures codifiées encadrant le processus d’instruction des dossiers d’indemnisation, ainsi que la réduction du délai d’indemnisation des sinistres liés aux risques simples, et particulièrement, en matière d’assurance automobile, qui constitue toujours la plus grande part de l’activité des sociétés d’assurances de dommages, à un maximum de 21 jours, depuis l’introduction de la déclaration de sinistre jusqu’au versement de l’indemnisation». Ce délai maximum, souligne la note, «doit être porté à la connaissance des assurés qui pourront s’en prévaloir». Mercredi dernier, le vice-président de l’UAR, Hassen Khelifati, a estimé le parc des véhicules assurés à 6,5 millions d’unités. Cette assurance a connu un fort recul en 2020, en l’absence de marché de véhicules neufs, a-t-il souligné, précisant que la régression du chiffre d’affaires dans cette branche a été de 6,6 milliards de dinars. Ce qui a fait plonger le CA de l’assurance dommages, a ajouté le même responsable. Pour les sinistres indemnisés l’année dernière, le vice-président de l’UAR, mais également PDG d’Alliance Assurances, a indiqué que le montant a atteint 60 milliards de dollars, mais que les compagnies d’assurance doivent encore le même montant à leurs clients. La réduction du délai d’indemnisation des sinistres passe également par «la réduction des délais de recours inter-sociétés d’assurances», souligne le ministère dans sa note, précisant que «les conventions mises en place à ce jour (ARCM, IRSAM, IDA) doivent produire tous leurs effets et contribuer, réellement, à la réduction des délais d’indemnisation». Les mêmes principes et diligences doivent guider l’action des sociétés d’assurances, concernant le traitement des recours, pour lesquels des «retards injustifiés et inacceptables» sont constatés, traduisant la «défaillance» des sociétés d’assurances vis-à-vis de leurs assurés, reproche encore la note. <