Par Bouzid Chalabi
Si l’on en croit le président de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA) Mohamed Alioui, le gouvernement a approuvé la décision de prendre en charge l’indemnisation des agriculteurs sinistrés des wilayas ravagées par les incendies.
En effet, selon ce dernier, dans une déclaration une chaîne de télévision privée, l’Exécutif compte à travers le Fonds des calamités naturelles prendre en charge l’indemnisation de tous les agriculteurs affectés par les différents incendies qui ont touché le Nord du pays. Toujours selon le président de l’UNPA, les agriculteurs victimes des incendies vont bénéficier de dédommagement financier « que leurs cultures soient assurées ou non », a précisé Mohamed Alioui. En clair, les agriculteurs sur simple déclaration de sinistre seront éligibles à une indemnisation. Mais à quelle hauteur ? se demandent les agriculteurs notamment ceux qui ont subi des dommages importants et surtout ceux qui ont tout perdu, c’est-à-dire cultures et bâtis. D’après Mohamed Alioui, « il s’agira dans un premier temps, d’évaluer les pertes de chacun des exploitants agricoles sinistrés mais, aux dernières nouvelles, les pertes se sont avérées très élevées. C’est pourquoi nous allons tout faire pour que le gouvernement décide de fortes compensations aux agriculteurs sinistrés afin qu’ils puissent reprendre au plus vite leurs activités ou du moins lancer leur campagne annuelle. Une échéance incontournable, car dans le cas contraire, c’est un manque à gagner qu’ils devront subir en plus des pertes occasionnées par les incendies ».
Ceci dit, il importe de savoir que les agriculteurs ayant contracté des polices d’assurances sur les risques d’incendie seront indemnisés à hauteur de 100 % et dans des délais courts. A ce propos, on apprend du Conseil national des assurances (CNA) que le total des indemnisations aux agriculteurs sinistrés s’élève à 1 500 milliards de dinars qu’ils devront percevoir dans un délai ne dépassant pas 90 jours. Toujours dans ce même sillage, selon le Directeur général de la Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA), Cherif Benhabiles, les assurés victimes des incendies bénéficieront d’une indemnisation à 100%. Comme ce dernier a annoncé à cette même occasion que les agriculteurs non assurés bénéficieront d’une aide financière qui sera fixée par décision du gouvernement « avec pour but de les protéger de la faillite », a indiqué le patron de la CNMA.
Il convient de rappeler, par ailleurs, que le Fonds des calamités naturelles a été créé par décret exécutif en 1990. Depuis, il a été mis aux oubliettes. Mais depuis quelques années, de nombreux experts en la matière demandent à ce qu’il soit réactivé, voire même repensé. En effet, les incendies qui ont ravagé des exploitations agricoles entières poussent dans ce sens car, il faut savoir la spécificité des agricultures de la wilaya de Tizi Ouzou est, pour la plupart, dans l’élevage de bovins laitiers et les cultures rustiques, c’est-à-dire l’oliveraie, destinée à la production d’huile. Les premiers ont non seulement perdu leurs vaches mais aussi leurs étables. Quant aux seconds, le sinistre est plus grave car des vergers entiers de vieux oliviers, patrimoine familial, ont été brûlés et, par voie de conséquence, ils seront privés de récoltes des années de suite. C’est pourquoi il est demandé que le mode d’indemnisation consacré à ces deux types d’agriculture soit profondément étudié de manière à ce qu’ils puissent se relever de ces lourdes pertes. Du pain sur la planche pour les responsables chargés d’établir le barème des indemnisations.