Rahul Gandhi est devenu hier samedi en Inde président du parti du Congrès, actuellement dans l’opposition, consacrant l’arrivée aux responsabilités d’une nouvelle génération dans la saga de la dynastie politique des Gandhi.

Âgé de 47 ans, fils, petit-fils et arrière-petit-fils de Premiers ministres indiens, Rahul Gandhi est le sixième membre de sa famille, sur cinq générations, à mener désormais le Congrès, un parti fondé en 1885. Il succède ainsi à sa mère d’origine italienne Sonia, qui occupait ce poste depuis 19 ans. La passation de pouvoir entre Sonia et Rahul Gandhi s’est effectuée au cours d’une cérémonie au siège du Congrès à New Delhi, à laquelle assistaient des ténors, dont l’ancien Premier ministre Manmohan Singh.
En fait, le destin de Rahul Gandhi s’est scellé dès 2013 lorsqu’il a été désigné au poste de vice-président du parti du Congrès, aux côtés de sa mère présidente depuis 1998. Cependant, sa nomination intervient dans un contexte marqué par la déconvenue du parti face aux nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party (BJP). Le parti du Congrès ne gère actuellement que deux Etats sur les 29 que compte l’Inde.
Rahul Gandhi aura la lourde tâche de revigorer le parti du Congrès, notamment en perspective des législatives prévues en 2019. Né le 19 juin 1970, Rahul Gandhi est né dans une famille au destin lié à l’histoire de l’Inde indépendante. Cependant, la dynastie des Nehru-Gandhi n’a aucun lien de parenté avec le Mahatma Gandhi.
Rahul a 14 ans lorsque sa grand-mère Indira est assassinée par ses gardes du corps sikhs en 1984, 20 lorsque son père Rajiv est tué dans un attentat suicide en 1991. Traumatisée par ces morts violentes, sa mère Sonia met des années avant de se laisser convaincre de reprendre les rênes d’un Congrès à la fin des années 1990. Elle le ramène au pouvoir en 2004. Si elle refuse alors de devenir Premier ministre, elle n’en gouvernera pas moins son pays dans l’ombre pendant une décennie.
Légataire d’une dynastie politique qui remonte à Motilal Nehru (1861-1931), le jeune Rahul a étudié dans les plus prestigieuses écoles d’Inde avant de fréquenter Harvard et Cambridge. Il embrasse une carrière politique en 2004 en se présentant dans la circonscription familiale d’Amethi, dans l’Uttar Pradesh (nord). Ses longs séjours à l’étranger, sa discrétion médiatique et son manque de charisme nourrissent les doutes sur ses ambitions politiques. Depuis la cuisante défaite aux législatives de 2014, qui ont vu l’accession aux responsabilités du Gujarati Narendra Modi et du BJP, Rahul Gandhi s’est lancé dans le bain politique, essayant de rallier au Congrès l’électorat. On l’a ainsi vu ces dernières années multiplier les opérations médiatiques de choc comme faire la queue au distributeur pendant la démonétisation, ou se faire arrêter en tentant de forcer un blocus policier dans une région en proie à l’agitation d’agriculteurs.
Les observateurs de la scène politique indienne ne lésinent pas en critiques sur son avenir politique et disent attendre de Rahul Gandhi gérer le changement dans le fonctionnement du parti et la promotion en son sein de jeunes leaders.