La prise d’assaut de la mosquée Al-Aqsa, mardi, par le nouveau ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvirun a suscité de vives réactions de la part de la communauté internationale qui appelle au maintien du statu quo sur l’esplanade des Mosquées et met en garde contre un risque d’embrasement régional.

L’Algérie a condamné fermement l’acte «provocateur» du ministre extrémiste, Itamar Ben Gvir qui a pris d’assaut la mosquée d’Al-Aqsa, «en violation flagrante des résolutions de la légalité internationale et au mépris manifeste à l’égard des musulmans et des chrétiens à travers le monde», indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger. «Cet acte condamnable vient s’ajouter à une série de violations systématiques commises par les forces de l’occupation à l’encontre du peuple palestinien, de ses biens et de ses lieux saints, dans le cadre d’un plan expansionniste très dangereux», ajoute le texte, appelant le Conseil de sécurité de l’ONU à «assumer ses responsabilités vis-à-vis du peuple palestinien». De leur côté, les autorités palestiniennes ont qualifié cette incursion de «provocation sans précédent», estimant que cet acte «légitimait davantage d’incursions et de violations de la mosquée Al-Aqsa par des colons extrémistes». Saleh Raafat, membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine, a considéré les faits comme «une déclaration de guerre contre le peuple palestinien et ses lieux saints». Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki, a, lui, déclaré que la politique extrémiste de l’occupant «constitue une menace pour le processus de paix dans la région du Moyen-Orient, pour la vie des Palestiniens, la sécurité et la stabilité de la région et du monde dans son ensemble». La démarche du ministre sioniste controversé a été critiquée également par des organisations internationales et régionales. La Ligue arabe a ainsi condamné une «intrusion flagrante», mettant en garde contre les répercussions de ces pratiques sur la Palestine et toute la région, et sur la paix mondiale». Al-Azhar Al-Sharif a abondé dans le même sens, soulignant que ces «actions provocatrices reflètent clairement la barbarie de l’occupation et la tentative d’imposer une réalité politique par la force des armes». Pour leur part, l’ONU et son secrétaire général, Antonio Guterres, ont renouvelé leur engagement à «reprendre le chemin d’une solution à deux Etats basée sur des négociations conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies, de la loi et des accords antérieurs». Invité à s’exprimer au sujet de cette escalade, le porte-parole adjoint du SG de l’ONU, Farhan Haq a rappelé l’appel d’Antonio Guterres à maintenir le statu quo dans les lieux saints. Il a ajouté que le chef de l’ONU appelle à «s’abstenir de prendre des mesures susceptibles d’aggraver les tensions à l’intérieur et autour des lieux saints». Le représentant spécial de l’Union européenne pour le processus de paix au Moyen-Orient, Sven Koopmans, a déclaré que «le maintien du statu quo dans les lieux saints et la tutelle de la Jordanie sur eux est une nécessité pour la paix régionale ainsi que la stabilité et l’équilibre entre les principales religions à El Qods, ce qui est très important pour nous tous». Plusieurs pays arabes et la Turquie ont également dénoncé cette intrusion du ministre sioniste. La Jordanie, dont les lieux saints sont placés sous sa tutelle, a dénoncé l’incursion dans «les termes les plus forts», soulignant qu’il s’agissait d’une «provocation condamnable». La Tunisie, l’Arabie saoudite, l’Egypte, le Qatar, les Emirats arabes unis et le Koweït ont vivement condamné aussi l’action provocatrice de Ben Gvir. De même que les Etats-Unis qui l’ont qualifiée d’« inacceptable». (APS)