Moins d’une semaine après le déroulement des élections locales anticipées du 27 novembre, c’est la problématique
des Assemblées, où il n’y a pas eu de majorité, qui se pose avec acuité. A la lecture des résultats préliminaires
annoncés avant-hier par l’ANIE, une situation de blocage est d’ores et déjà appréhendée. Cela étant, la question
de la gouvernance locale ne se pose pas moins.

PAR NAZIM BRAHIMI
A l’évidence, les Assemblées issues de ces élections sont désormais à l’épreuve du terrain et de l’exercice du pouvoir local.
Avec cette urgence de hisser la qualité de la gouvernance locale en répondant aux préoccupations des populations locales et rester en phase avec les promesses et engagements faits durant la campagne électorale.
Incontestablement, le jeu des alliances s’impose dans de nombreuses Assemblées de wilaya et locales, notamment les plus importantes où aucune formation politique ni liste indépendante n’a pu obtenir la majorité qui lui permettrait de gérer la circonscription concernée.
Le président de l’ANIE, Mohamed Charfi, a indiqué, dans ce sens, qu’aucune majorité absolue n’a été enregistrée dans les 58 APW. Pire encore, car selon le même responsable, deux, voire trois, listes ont obtenu la majorité relative, ce qui rend inévitable la phase des alliances partisanes.
Elles sont 14 APW à se retrouver dans cette configuration, augurant ainsi de rudes tractations entre les prétendants à la présidence de l’Assemblée dans lesquelles le FLN détient la majorité relative dans 25 APW. D’ailleurs, cette phase des alliances est tellement incontournable que les formations politiques qui ont participé à ce vote n’hésitent pas à l’évoquer publiquement, soulignant ce qu’elles privilégient dans cette option.
Mais au-delà des divergences que les partis politiques peuvent rencontrer pour sceller des alliances entre elles, la présence très significative des élus indépendants rend vraisemblablement plus serré le jeu des alliances.
Cela étant, les partis qui ont réalisé les meilleurs scores, à l’image du FLN et du RND, ne manqueront pas d’ambitions pour s’adjuger la présidence des Assemblées. Une ambition que ne cache pas l’ancien parti unique, par la voix de son secrétaire général, Abou El Fadhl Baadji, qui a affirmé que les résultats du Front « témoignent de la bonne voie adoptée par le parti ». Le même responsable a relevé que les résultats étaient « une réponse forte à ceux qui ont tenté de déstabiliser le FLN et témoignent de la bonne voie adoptée par le parti et de son ouverture à la société », non sans déplorer les défaillances constatées au niveau des structures du parti dans certaines wilayas, soulignant qu’il sera remédié à la situation après la fin des élections partielles des membres du Conseil de la Nation.

Le FFS répond aux attaques
Le secrétaire général du FLN, qui a souligné que son parti était « ouvert à toutes les propositions d’alliance avec tous les acteurs politiques », a rappelé que son parti est arrivé en tête des élections locales avec 5 978 sièges dans 124 Assemblées populaires communales (APC) à travers 42 wilayas et 471 sièges aux Assemblées populaires de wilaya (APW).
De son côté, le MSP a affirmé que la question des alliances sera tranchée par les institutions locales du mouvement, en fonction des données et des conditions de chaque commune et wilaya, tout en se félicitant des résultats obtenus sur la base d’indicateurs dont « la progression dans le nombre des Assemblées populaires communales et de wilaya où le parti arrive en tête, ainsi que dans le nombre des élus au niveau des Assemblées ».
Pour sa part, le Front des forces socialistes (FFS), par la voix de Hakim Belahcel, membre de la direction du parti, a réagi aux « attaques » dont a été la cible le parti à l’annonce des résultats préliminaires de ces élections présentant le plus vieux parti de l’opposition comme le grand perdant de ce scrutin.
« J’affirme avec beaucoup d’assurance que la décision prise par le Conseil national du FFS de participer aux élections locales était d’ordre politique et stratégique », a-t-il affirmé. Ajoutant que « cette participation a amplement réalisé ses objectifs et son œuvre politique et pédagogique en faveur de la reconquête des acquis démocratiques et de la consécration de la volonté populaire nous recommande davantage de lucidité et d’engagement politique ».
Pour le même responsable politique, son parti peut être « fier » de « l’impact positif » suscité par le discours développé durant la campagne électorale qualifié de « rassembleur » et de « nationaliste » alors que l’ensemble du peuple « était la proie des campagnes qui distillaient la haine et qui faisaient l’apologie du racisme et du séparatisme ».
Et d’exprimer un sentiment de dépit de voir « ce haut sentiment d’engagement patriotique et de responsabilité qui a forgé le sens de notre implication, (qui) n’a pas trouvé de résonance dans les consciences de ceux qui étaient chargés de veiller au bon déroulement de cette échéance électorale ».