La situation a dégénéré, hier, à Bouira où des heurts entre manifestants, dont plusieurs venus des communes de la wilaya, et les forces de sécurité ont été enregistrés. Au niveau du campus principal de l’université Akli-Mohand-Oulhadj de Bouira

, des escarmouches entre les deux camps ont débuté vers 14H. Mobilisés par centaines, les policiers ont quadrillé le centre universitaire qui a été, pour rappel, le théâtre de violents affrontements entre groupes d’étudiants juste après la marche organisée et réussie par les étudiants en faveur de tamazight. Les protestataires, décidément chauffés à blanc, ont scandé des slogans contre le pouvoir comme « Pouvoir assassin » et « Corriger l’histoire, l’Algérie n’est pas arabe ». La police, déployée en force, a réussi à disperser la foule. Des centaines de personnes, dont des lycéens qui ont paralysé les établissements scolaires, ont rejoint la manifestation. Arrivés à hauteur du siège de la wilaya, les premiers saccages ont été enregistrés. Des abribus et des plaques de signalisation ont été arrachés et la foule a commencé à lancer des projectiles en direction des policiers. On dénombre plusieurs blessés légers parmi les éléments de la police. Les policiers, notamment en civil, ont opéré plusieurs arrestations. Les scènes de violence se sont poursuivies jusqu’au niveau d’autres quartiers, notamment à Oued House, et à la place publique. A noter que les services de sécurité n’ont pas usé de bombes lacrymogènes pour disperser la foule. En début d’après-midi, d’autres affrontements ont été aussi signalés au niveau des quartiers dits Djezzy et des 140/Logements. Des escarmouches ont été également enregistrées entre groupes de manifestants et résidants. Il faut souligner qu’une décision de fermeture de l’université Akli-Mohand-Oulhadj de Bouira a été prise la veille, à l’issue d’un conseil d’administration réuni sous la présidence du recteur. Cette décision, saluée, a été prise afin d’éviter d’autres dérapages à l’intérieur du campus. Dans un communiqué rendu public, le recteur de l’université a mis en garde contre toute initiative visant la déstabilisation de l’université, tout en appelant les étudiants à plus de vigilance et au calme. Il faut noter que plusieurs fourgons des forces antiémeutes ont été déployés à travers plusieurs quartiers de la ville de Bouira. La grève enclenchée depuis le début de la semaine, touchant plusieurs établissements scolaires de la wilaya, s’est poursuivie hier encore. A Bechloul, des lycéens et des collégiens ont improvisé une marche au profit de la langue tamazight à l’heure où nous mettions sous presse