Par Yazid Miloudi

La réunion ministérielle des pays de l’Opep+ tenue jeudi dernier a été une occasion pour l’organisation de « montrer » à ceux eux qui croyaient qu’elle n’avait aucun pouvoir décisionnel sur les marchés pétroliers ont (pour au moins cette fois) déchanté. L’Opep+ a donc respecté ses engagements en ne tergiversant pas sur le calendrier établi depuis plusieurs mois. Il était prévu d’une offre supplémentaire de 400 000 barils par jour, et cela a été maintenu. Les doutes étaient pourtant permis. Les appels de plus en plus fort des Etats-Unis pour une forte production du pétrole de la part de l’organisation et de ses alliés n’ont finalement pas été entendus. D’ailleurs les Américains n’étaient pas les seuls demandeurs d’une augmentation. Il y a également (entre autres) le Japon et l’Inde, deux autres pays considérés comme de « gros » consommateurs de l’or noir.
Ne plus revivre ce qui s’est passé en 2020 a été l’une des principales raisons de l’intransigeance de l’Opep+ emmenée par ses deux « ténors », l’Arabie Saoudite et la Russie. Les leçons semblent avoir été retenues par l’organisation et ses alliés. C’est qu’actuellement le doute est plus que permis sur la stabilité annoncée depuis plusieurs semaines des marchés internationaux. Il y a d’abord l’attente d’un véritable démarrage de l’économie mondiale qui dure encore. Les grandes ambitions par plusieurs pays industrialisés sur un boom des marchés ne s’est finalement pas réalisé. Il suffit d’ailleurs de voir comment sont revus à la baisse, ces derniers jours, les budgets de plusieurs gouvernements européens pour avoir une idée sur les grandes incertitudes par rapport à l’avenir, à court terme. Le désenchantement ne concerne pas uniquement l’économie. Il y a également le retour en force de la Covid-19. Une nouvelle vague est déjà annoncée dans plusieurs régions, et cela suscite de grandes craintes. La propagation de la pandémie attendue, malgré les campagnes de vaccination enregistrées partout, n’annonce rien de bon, que ce soit sur le plan sanitaire ou économique, sans oublier l’aspect politique. L’Opep+ a tenu compte de tous ces paramètres, reste à savoir si les systèmes de santé dans le monde sont capables de résister à une nouvelle vague de la pandémie.