Les membres de l’OPEP+ ont pu finalement trouver, avant hier, un accord. Une bonne nouvelle pour les marchés qui étaient sur le qui-vive depuis la dernière réunion de décembre dernier. Toutefois, rien n’indique que cet accord puisse stabiliser les prix du pétrole ou donner plus de «tonus» à l’augmentation constatée (de l’ordre de 30%) lors des deux derniers mois. C’est que l’incertitude reste encore totale. Elle était omniprésente en 2020, elle l’est encore plus avec le début de 2021.
Plusieurs nouveaux paramètres sont entrés en jeu. Il y a d’abord l’effet du Covid-19. A l’euphorie suscitée par l’annonce de la découverte des vaccins, succède maintenant la hausse des contaminations et le retour des mesures de confinement. La découverte d’une nouvelle souche du Coronavirus est venue assombrir plus la situation.
A cela, il faut ajouter les changements immédiats dans tout ce qui est en relation avec l’offre et la demande du pétrole. Il faut mettre en évidence que si les prix étaient plus au moins stables ces derniers mois 2020, c’est essentiellement grâce à la Chine. Effectivement, et malgré la crise mondiale, ce pays a importé l’année dernière plus de pétrole qu’en 2019. Pékin avait opté pour une stratégie quelle espère bénéfique à court et moyen termes. Profitant des bas prix, la Chine achetait ainsi le pétrole pour constituer des stocks à sa disposition. C’était rassurant pour les marchés, mais la situation a changé dernièrement puisque cette demande commence déjà à diminuer.
L’autre facteur déterminant est le retour progressif du pétrole libyen, avec 1,3 million de baril par jour exporté.
Cette diminution de la demande et l’augmentation de l’offre (la Libye, même si elle est membre de l’Opep, est exempte des derniers accords) ne pourront que perturber les décisions de l’Opep+.
Cela sans oublier les effets des changements géopolitiques en cours. Il faudra prendre en compte deux faits tangibles. Le premier est le rétablissement des relations, depuis mardi dernier, entre le Qatar et les pays qui le boycottaient (Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Bahreïn et Égypte). Une nouvelle lune de miel qui ferme une «parenthèse», qui a duré plus de trois ans, mais qui risque d’en ouvrir une autre, celle d’une alliance des monarchies du Golfe (auxquelles devront s’ajouter le Soudan et le Maroc), contre un des pays fondateurs de l’OPEP, l’Iran. La confrontation est annoncée depuis longtemps déjà, et les récents accords entre les pays arabes et Israël ne font qu’augmenter les risques d’une prochaine déflagration dans le Moyen-Orient. D’ailleurs, certains analystes affirment que ça pourrait subvenir à très court terme. Il ne faut pas oublier que Donald Trump est toujours à la Maison-Blanche pour encore 13 jours…