La Fédération nationale des travailleurs des forêts, de l’environnement et de la nature a appelé, hier, les autorités à mettre un terme à la «destruction systématique» des ressources et du patrimoine forestier.

Par Nadir Kadi
La structure professionnelle, affiliée à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), dénonce plus précisément les auteurs des «incendies commandités et prémédités», et demande une révision profonde de la politique de préservation des forêts, notamment du cadre juridique. Un souhait qui devrait être, au moins en partie, satisfait dans les prochains mois ; le Directeur général des forêts (DGF), Ali Mahmoudi, avait en effet fait savoir, en juin dernier, que la législation actuelle «n’est plus suffisamment dissuasive» et qu’un texte de loi est actuellement à l’étude avant d’être «présenté au Conseil du gouvernement» avant la fin de l’année.
Appel de Fédération nationale des travailleurs des forêts, qui intervient alors que ce début de saison estival est déjà marqué par une série d’incendies qui ravagent des centaines d’hectares de couvert végétal dans la wilaya de Khenchela, mais aussi à Tipasa, Béjaïa, Jijel, Batna et Constantine. Le communiqué de la structure exhorte en ce sens «les Pouvoirs publics et tous les acteurs à l’impératif d’accorder un intérêt particulier au présent et à l’avenir de la ressource forestière connaissant une destruction systématique et des agressions sans précédent». Un moyen, explique le document, repris hier par l’APS, de préserver «la sécurité des biens et des sources de revenus des habitants près des forêts en sus de la prise en charge sérieuse et urgente du secteur des forêts».
Et dans cette optique, l’ensemble de la doctrine de lutte anti-incendie serait à «revoir» estime la Fédération nationale des travailleurs des forêts de l’environnement et de la nature. Notamment en ce qui concerne le «déficit en termes de moyens matériels, humains et logistiques, outre le manque de tous les outils et les moyens juridiques devant préserver les ressources forestières». Le message aux autorités, ajoute dans cette même logique, que la préservation des forêts a, aujourd’hui, besoin d’une «volonté aux contours clairs», qui permettrait à terme d’accorder au secteur une importance particulière sur les plans structurel, professionnel et juridique, ainsi qu’une «prise de procédures anticipatives nécessaires face à ces incendies menaçant la vie humaine et les biens publics et privés».
Quant aux feux de forêt d’origine criminels, ils sont pour le secrétariat exécutif de la fédération, réunissant les acteurs de la préservation et l’exploitation des forêts, l’une des principales menaces sur «les barrages naturels» que sont les zones boisées, en aggravant «le risque de désertification, les changements climatiques et le déséquilibre des écosystèmes». Et par conséquent, la fédération appelle les autorités à mettre en pratique des mesures dissuasives : «les incendies prémédités, successifs et systématiques doivent être traités par des moyens exceptionnels à la faveur d’une révision radicale et profonde de la politique de protection des forêts.» Une révision de la réglementation et des pratiques, que les auteurs du document souhaitent voir intégrée dans un cadre plus global, qui tiendrait compte «des volets socio-économique et écologique, conformément aux conventions conclues entre l’administration en tant qu’autorité publique et les parties agissantes parmi les habitants ruraux résidant à proximité des zones forestières».