L’affaire des incendies qui ont ravagé le pays à partir du 9 août dernier suivie par une vague d’arrestations et de mises en détention des personnes «impliquées» a connu, depuis lundi, une évolution avec l’arrestation de 16 autres personnes en lien avec l’affaire et appartenant au MAK, organisation déclarée «terroriste», selon la Gendarmerie nationale.

PAR NAZIM BRAHIMI
La présentation des accusés dans les incendies devant le procureur de la République a commencé, hier après-midi, au tribunal Sidi M’hamed où le procureur a décidé de remettre le dossier des accusés au juge instructeur.
Les 16 mis en cause, arrêtés à Tizi-Ouzou et Béjaïa, sont tous membres du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), selon la même source, laquelle a fait savoir que «les enquêtes sont toujours en cours pour identifier toutes les personnes impliquées», a indiqué la Gendarmerie nationale.
«Les enquêtes de la police judiciaire sur les feux de forêt se sont soldées par l’arrestation de 8 individus à Tizi-Ouzou et 8 autres à Béjaïa. Les mis en cause, tous membres du mouvement terroriste MAK, seront transférés au pôle pénal de Sidi M’hamed après parachèvement des procédures légales», a indiqué la Gendarmerie nationale.
Cette dernière a précisé que «les enquêtes se sont soldées par l’établissement de l’implication de 11 autres individus parmi ceux arrêtés dans l’affaire de l’assassinat de Djamel Bensmaïl», alors que jusqu’à ces dernières arrestations, ils étaient quelque 83 suspects à être écroués pour le lynchage de Djamel Bensmaïl.
Selon le communiqué de la Gendarmerie nationale, les enquêtes ont établi «l’appartenance de tous les mis en cause arrêtés» au MAK et ce «avec preuves techniques et scientifiques», relevant que «parmi les individus arrêtés figurent un membre fondateur, le trésorier de l’organisation et un président de coordination ainsi qu’un journaliste, qui étaient tous en contact direct avec le président du MAK, Ferhat Mehenni, et d’autres membres à l’étranger». Il ne s’agit pas de la première arrestation d’accusés impliqués dans les incendies et appartenant au MAK. Mercredi dernier, la Gendarmerie nationale a fait part de l’arrestation et du placement en détention provisoire, après leur présentation devant les juridictions compétentes, de 30 suspects, dont 7 membres du MAK qui ont été transférés au pôle pénal de Sidi M’hamed. Cinq individus ont été placés sous contrôle judiciaire, a précisé la même source.
Quarante-huit heures plus tôt, soit le lundi 6 septembre, les services de la Sûreté nationale ont annoncé avoir procédé à l’arrestation de 27 individus à Kherrata (Béjaïa) et à Beni Ouartilane (Sétif), accusés d’appartenance au MAK et de tentative de «semer la fitna et la terreur auprès des citoyens à l’instigation de parties établies à l’étranger».
La perquisition des domiciles des mis en cause, sur ordre du Parquet territorialement compétent, a permis de récupérer «des accessoires de tenues militaires, du matériel, un détecteur de métaux, des armes blanches, des cachets falsifiés portant la mention ‘a voté’ et ‘a voté par procuration’, des registres administratifs, des drapeaux du MAK et des téléphones portables», a souligné le communiqué de la DGSN.
Fin août, le Procureur général près la Cour d’Alger, Sid-Ahmed Mourad, a indiqué que les investigations sur l’assassinat de Djamel Bensmaïl, à Larbaa Nath Irathen, avaient confirmé «l’implication d’éléments établis à l’étranger et une planification préméditée par le mouvement terroriste MAK pour créer un climat de terreur et d’instabilité». Il avait annoncé, par la même occasion, l’émission de mandats d’arrêt internationaux contre les commanditaires de ce crime, en tête desquels le président du MAK.
Réagissant au communiqué de la Gendarmerie nationale, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) a réitéré son appel pour un «procès équitable» pour faire justice et «une enquête indépendante» pour faire toute la lumière sur ce «double drame».
En ce qui concerne l’arrestation du journaliste, Mohamed Mouloudj, le Parti des travailleurs (PT) a exprimé sa «profonde inquiétude devant le cours actuel, car cette interpellation intervient dans un contexte politique marqué par une cascade d’arrestations dans plusieurs régions du pays pour des motifs politiques».
«Le journaliste Mohamed Mouloudj, journaliste au quotidien Liberté, a été arrêté dimanche avec perquisition du domicile (…). Il est toujours en garde à vue à Alger», a indiqué lundi la LADDH. n