Les arrestations se poursuivent dans les rangs de personnes suspectées d’être impliquées dans les feux de forêt qui s’étaient déclarés dans plusieurs régions du pays, en août dernier. Hier, les services de la Gendarmerie nationale ont rendu public un communiqué faisant état de 71 suspects arrêtés après l’élargissement de l’enquête sur cette affaire à 30 wilayas, touchées par une catastrophe ayant causé la mort de plusieurs personnes, détruits les biens des populations et ravagé une grande partie du patrimoine forestier du pays.

Par Feriel Nourine
«Les enquêtes de police judiciaire, diligentées suite aux incendies enregistrés récemment dans plusieurs régions du pays, ont été étendues, sur instruction des juridictions compétentes, à 30 wilayas touchées», indique la Gendarmerie nationale, soulignant la «mobilisation de tous les moyens humains et matériels pour déterminer l’origine de ces incendies déclenchés simultanément et d’identifier les responsables».
La Gendarmerie nationale précise que parmi les 71 suspects arrêtés sont issus de 14 wilayas, dont 13 de Tizi-Ouzou, 11 de Jijel, 10 de Béjaïa, 8 de Guelma, 6 de Annaba, 4 d’Alger, 4 de Blida, 4 de Médéa, 3 d’El Tarf, 3 de Skikda, 2 de Tipasa, 1 de Oum El Bouaghi, 1 de Chlef et 1 autre de Aïn defla. Après leur présentation devant les autorités judiciaires, 47 suspects ont été placés en détention provisoire, 7 sous contrôle judiciaire, tandis que 9 autres restent sous enquête, et 8 individus ont été relaxés, ajoute la même source, avant de saluer le «sens de la responsabilité» dont se sont distingués les citoyens pour permettre d’identifier les personnes suspectées d’avoir participé à la provocation des incendies.
Pour rappel, une grande partie des mis en cause, arrêtés dans le cadre de l’enquête sur les feux de forêt déclenchées à travers le pays, sont identifiés comme étant membres agissant au service du MAK. Notamment les suspects arrêtés en Kabylie, où ce mouvement est actif pour revendiquer l’autonomie de cette région.
En ce sens, un communiqué de la Gendarmerie nationale annonçait, mercredi dernier, l’arrestation à Tizi Ouzou de 8 individus suspects dans le cadre de cette affaire. Ces derniers ont été mis en détention provisoire après avoir été, entre autres, inculpés d’«adhésion à des associations, organisations, groupes et organisations aux activités terroristes et subversives», outre «l’allumage délibéré de feux de forêt causant la mort de plusieurs personnes», a-t-on indiqué. Ce sont, en effet, 90 personnes, dont 33 militaires, qui ont trouvé la mort dans les incendies qui ont frappé l’Algérie l’été dernier, notamment en Kabylie, à Skikda, El Tarf, Jijel, Sétif et Annaba. Ce bilan a été établi sur la base des chiffres collectés au niveau des autorités locales. De son côté, le ministère de l’Agriculture a estimé les pertes en couvert végétal à 89 000 hectares incendiés dans 35 wilayas du Nord et Nord-Est du pays. Un chiffre annoncé à la mi-août, mais qui devait encore évoluer à la hausse, ce qui démontre l’ampleur des dégâts causés par la catastrophe, touchant notamment les wilayas densément boisées comme Tizi Ouzou, Béjaïa et Khenchela.
Dégâts matériels de tous genres aussi causés aux habitants des régions sinistrées. Pas de bilan global sur ce registre, alors que pour la seule wilaya de Tizi-Ouzou, les autorités locales avaient annoncé, au 17 août dernier, que 794 bâtisses et 832 exploitations agricoles ont été touchées. Parmi ces bâtisses, 752 sont des habitations personnelles et collectives et 45 sont des établissements scolaires, a-t-on précisé. n