Par Nadir Kadi
Les incendies qui ravagent la wilaya de Khenchela depuis le 4 juillet dernier seraient en voie d’être «maîtrisés», espéraient hier les responsables de la lutte contre les feux de forêt. 90% des foyers au niveau des zones boisées d’Aïn Mimoun, dans la commune de Tamza, serait circonscrits, selon le colonel Boualem Boughlef. Une avancée rendue possible par la mobilisation, durant quatre jours, de plus de 500 agents de la Protection civile en plus du personnel de la Direction générale des forêts, appuyés par des renforts militaires et des volontaires de la région.
Une situation qui reste toutefois très incertaine, plusieurs informations de presse signalant hier de nouveaux départs de feu ou des reprises de feu favorisées par «la sécheresse des sols». Quant aux causes de ces incendies, elles pourraient être «d’origine humaine». C’est en tout cas ce que laisse envisager l’arrestation de «trois suspects» par les services de la Gendarmerie nationale. En effet, information communiquée à l’APS par le Groupement territorial de la Gendarmerie nationale, l’enquête ouverte dès les premières heures de l’incendie de la forêt d’Aïn Mimoun aurait abouti à l’arrestation, mardi, de trois individus suspectés d’être impliqués dans le déclenchement du sinistre. Ces derniers, âgés entre 18 et 55 ans, auraient été appréhendés à «proximité des forêts de Bir Ousfane et Aïn Mimoun à Tamza» et sont «soupçonnés d’être à l’origine du déclenchement du feu dans les forêts d’Aïn Mimoun». Une probable origine humaine que confirme selon le Chef du Bureau des aires protégées et de la veille écologique à la Direction générale des forêts (DGF) Saïd Fritas. Le responsable qui intervenait hier sur les ondes de la Radio nationale déclare : «Il y a des enquêtes en cours au niveau de la gendarmerie, trois suspects ont été arrêtés (…) mais nous attendons les résultats pour nous prononcer.» Ajoutant plus loin que les fortes chaleurs ne sont pas une raison suffisante pour expliquer ces départs d’incendie : «Il est quasiment impossible qu’un incendie se déclare de lui-même (…) Les essences que nous avons dans la région méditerranéenne sont acclimatés aux fortes chaleurs.»
Quant aux conséquences de ces premiers «incendies d’ampleur» de la saison, il s’agirait notamment de la perte de 1 500 hectares de couverts végétaux et forestiers. Un bilan qui reste toutefois provisoire et «qui pourrait être revu à la hausse ou la correction», explique Saïd Fritas. «Dès hier, les équipes sur place ont réussi à maîtriser 90% des feux de forêt (…) Les pluies de mardi ont également permis de refroidir certaines zones, mais malgré tout, les conditions météo, les fortes températures de ces derniers jours, en plus de la sécheresse des sols, favorisent la reprise des incendies», a-t-il précisé. Ajoutant en ce sens que la priorité était encore de stabiliser le sinistre : «Le bilan des surfaces forestières perdues sera fait ultérieurement (…) Il s’agit d’éteindre les feux en priorité, par la suite, les équipes refroidissent les sols pour éviter une reprise des flammes.» L’étendue des pertes et les éventuelles mesures à prendre devraient ainsi être communiquées dans un second temps : «grâce à l’Agence spatiale algérienne, nous pourrons évaluer précisément la surface brûlée».
Saison estivale 2021 qui s’annonce particulièrement difficile, six départs de feu ont ainsi été signalés mardi à Tipasa avant d’être «maîtrisés vers 23 heures (…) notamment grâce à une intervention des membres de l’armée», explique Saïd Fritas, en appelant à la vigilance. Un appel du même genre a également été lancé par le Chef du bureau de la prévention à la DGF, Rachid Benabdellah, le responsable réclame plus précisément le concours des walis et P/APC des zones à risque pour la mise en place de «points d’eau». Le même responsable de la DGF fait par ailleurs savoir qu’une moyenne de 5 incendies par jour a été enregistrée depuis le début du mois de juin. En ce sens, pas moins de 173 feux auraient déjà ravagé 530 000 hectares de couvert végétal. Le pays ne compte, pour rappel, qu’une très faible surface verte avec moins de
4,1 millions d’hectares de forêt, soit moins de 2% du territoire. <