L’incendie qui ravage depuis dimanche la forêt d’Aïn Mimoun, dans la wilaya de Khenchela, a continué à s’étendre durant la nuit de lundi à mardi et se rapprocherait de la forêt de Bouhmama, heureusement qu’en fin de journée est arrivée la pluie salvatrice !

Par Nadir Kadi
Selon un bilan préliminaire, plus de 1 500 hectares auraient déjà été consumés par les flammes, alors que la mobilisation de la Protection civile, de la Direction générale des forêts, ainsi que des habitants de la région se poursuit en vue de maîtriser le sinistre. Quant aux autorités, visiblement surprises par la violence et l’étendue de l’incendie, elles ont axé leurs premières actions sur l’évacuation des populations et ne déplore pour le moment aucune victime. Le plan d’organisation des secours contre cet incendie, déjà qualifié de «plus important» de la saison, devrait permettre la mobilisation de moyens venus de 10 wilayas limitrophes.
En effet, véritable «catastrophe» largement dénoncée par les habitants de la région sur les réseaux sociaux, en posant déjà la question de la faiblesse des moyens de lutte déployés, l’incendie de la forêt de Aïn Mimoun mobilise toutefois «plus de 500 agents et 100 camions» selon une déclaration du Directeur général des forêts (DGF) Ali Mahmoudi à la chaîne Echourouk : «Nous avons mobilisé tous les moyens. Il y a ceux de la Protection civile, des directions des forêts de Batna et d’Oum El Bouaghi ainsi que des habitants. Plus de 500 agents et 100 camions sont mobilisés. Le wali a déclenché le plan Orsec pour réquisitionner les moyens des établissements de wilaya.» Le plan de lutte a par ailleurs nécessité la coupure «préventive» de l’alimentation électrique via les lignes hautes tensions de la région, a fait savoir l’entreprise Sonelgaz.
Quant au chargé de communication à la Direction générale de la Protection civile, le capitaine Mourad Yousfi, il explique que cette coupure est rendue nécessaire pour la protection des agents déployés sur le terrain. «L’électricité sera coupée jusqu’à la maîtrise du feu (…) et jusqu’au contrôle des câbles pour s’assurer qu’il n’ont pas été endommagés», a-t-il indiqué. Le même responsable qui faisait savoir hier qu’une trentaine de familles ont été évacuées, ajoute que «les opérations continuent» et, selon ses informations, sur le point de circonscrire le sinistre, espérant en venir à bout «si le vent et les conditions météo restent favorables».
Et dans cette logique, il est à signaler que les déclarations des responsables ont encore mis en avant la nécessité des moyens aériens dans la lutte anti-incendie. Le capitaine Mourad Yousfi explique en ce sens que «deux hélicoptères sont mobilisés (…) ils sont nécessaires au vu de la difficulté du terrain. Ils emportent à chaque sortie 1 000 litres d’eau». 35 aller-retour entre le barrage de Taghrist (Khenchela) et l’incendie auraient été effectués dans la journée de lundi.
Incendie qui ravage l’une des dernières forêts du pays, un espace notamment connu pour abriter un patrimoine forestier composé d’essences telles que le chêne, le cèdre de l’Atlas et le pin d’Alep. Le bilan rapporté jusque-là ne fait pas état de victimes humaines, bien que le porte-parole de la Protection civile explique que des volontaires ont été intoxiqués par les fumées. «La priorité est la protection des vies, des villages alentours et du patrimoine forestier (…) Nous avons évacué un grand nombre d’habitants». Ajoutant que des premiers soins ont été apportés à plusieurs citoyens qui se sont spontanément mobilisés pour lutter contre le feu. «Nous remercions les personnes qui apportent leur aide (…) Certains ont été victimes du désagrément des fumées, nous les avons conduits vers les hôpitaux». Quant aux dégâts matériels, il est fait état, en plus du couvert végétal, de la perte d’exploitations agricoles, d’arbres fruitiers et de ruches pour la production de miel… Les raisons du départ de l’incendie restent à ce stade inconnues. Une enquête est ouverte, alors que les premières déclarations posent la question d’une éventuelle cause humaine d’autant que le feu aurait démarré «simultanément» au niveau de deux foyers proches de la commune de Tamza. n