Le puissant leader chiite Moqtada Sadr a exhorté les autorités irakiennes à prendre des «sanctions fermes» après l’incendie meurtrier de l’hôpital de Nassiriya (sud), faute de quoi le gouvernement serait considéré responsable dans son ensemble de la tragédie. «Le gouvernement doit sanctionner fermement les négligences à l’origine des incendies dans les hôpitaux, que ce soit à Nassiriya ou ailleurs en Irak, et quelle que soit l’affiliation politique des responsables», a tweeté mardi soir Moqtada Sadr, qui espère remporter les élections législatives prévues en octobre. «Autrement le gouvernement sera tenu pour responsable à tous les niveaux», a-t-il ajouté. L’Irak est toujours sous le choc du terrible incendie ayant ravagé lundi soir un hangar dédié aux malades du Covid-19 à l’hôpital Al-Hussein de Nassiriya, faisant au moins 60 morts, selon un bilan provisoire du ministère de la Santé publié mercredi. Le drame est survenu deux mois et demi après une tragédie similaire à Bagdad, où l’incendie d’un hôpital dédié au Covid-19 avait fait plus de 80 morts. A l’époque, le ministre de la Santé Hassan al-Tamimi appartenait au courant sadriste. Il a démissionné après l’incendie. A Nassiriya comme à Bagdad, les mêmes raisons ont été pointées du doigt: négligences, manquements aux règles basiques de sécurité, matériel vétuste et inadapté. Dans les deux cas, les incendies ont été provoqués par l’explosion de bouteilles d’oxygène. Après le drame de Nassiriya, trois personnes, dont le directeur de l’hôpital et le responsable régional des autorités sanitaires, ont été écartées sur ordre du gouvernement, et dix autres mandats d’arrêts ont été émis par les autorités judiciaires provinciales. Une commission d’enquête a été mise en place. «Les résultats doivent être annoncés rapidement. Sinon nous aurons d’autres moyens pour assurer la sécurité et la dignité de la population», a poursuivi Moqtada Sadr dans son tweet.
Mardi, une veillée funèbre a été organisée à Nassiriya et des bougies allumées devant l’hôpital pour saluer la mémoire des victimes. Plusieurs rassemblements pour dénoncer la corruption et l’incurie des autorités se sont aussi déroulés dans cette ville traditionnellement frondeuse, et une nouvelle manifestation est prévue mercredi, a appris l’AFP auprès des protestataires.