Après deux années de travaux, la réouverture, avant-hier, du square Port-Saïd d’Alger-Centre a été marquée par une nouvelle polémique suite à des erreurs flagrantes des stèles de quatre bustes représentant quatre figures emblématiques du théâtre algérien, en l’occurrence Keltoum, Azzedine Medjoubi, Mohamed Boudia et Abdelkader Alloula.

Après deux années d’attente, le grand public avait hâte de découvrir le nouveau visage de l’une des places les plus emblématiques d’Alger. Les grands moyens ont été déployés pour marquer la renaissance de ce lieu, inauguré par le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi et le wali d’Alger, mais les présents ont eu la désagréable surprise de découvrir de fausses notes sur les stèles qui ornent les quatre coins de la place.
En effet, des erreurs ont été commises sur la date d’anniversaire et le parcours artistique d’Azzedine Medjoubi, l’homme de théâtre assassiné par les terroristes en 1995, à deux pas du square Port-Saïd, alors qu’il sortait du TNA, dont il était le directeur. Il y a aussi le buste de Keltoum, qui ne ressemble pas du tout à la pionnière des femmes de théâtre en Algérie, une figure historique du quatrième art qui a relevé maintes défis et ouvert le chemin des planches aux artistes femmes algériennes.
Le wali d’Alger Abdelkader Zoukh s’engagera à rectifier les erreurs inscrites dans la pierre des stèles en déclarant : «Nous allons apporter des corrections à toutes les erreurs faites sur ces figures historiques. Nous allons prendre en considération les avis des experts et des historiens pour les corriger». Le ministre de la Culture s’est également engagé à rectifier les erreurs en mettant en relief l’importance de la rénovation de cet espace. « Elle avait besoin d’être réaménagée et rénovée, nous avons voulu introduire quelques symboles de la culture algérienne, en outre des grandes personnalités du théâtre qui ont marqué et laissé une grande empreinte dans notre culture. Ce jardin qui avoisine le Théâtre national algérien est un grand plus pour cette enceinte», a-t-il déclaré. Tout en remerciant la wilaya d’Alger d’avoir prêté main forte au réaménagement du square Port-Saïd et du Théâtre Azzedine-Mihoubi, il ajoute que «cette rénovation est un grand acquis pour les habitants de la capitale. Ainsi le choix de ces personnalités est symbolique, on aurait aimé ajouter tous les noms de tous ceux qui ont fait la gloire du théâtre algérien ».
Il a en outre affirmé que ce square n’est pas seulement une placette, mais un espace culturel qui accueillera chaque fin de semaine un gala et des activités culturelles pour le grand bonheur des familles algéroises. De son côté, le wali d’Alger a affirmé que la placette renouera avec ses activités traditionnelles où les artistes se rassembleront. «Le kiosque établi pour la musique abritera chaque semaine un gala andalou ou chaâbi comme cela se fait dans toutes les grandes villes du monde. Ce sera une place où les artistes pourront s’exprimer », annoncera-t-il.
L’Orchestra dell’Accademia Teatro alla Scala de Milan subjugue le public
Après cette inauguration officielle, la soirée s’est poursuivie avec un concert magistral mettant en scène l’Orchestra dell’Accademia Teatro alla Scala de Milan, en présence des ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, et de l’Education nationale Nouria Benghebrit, ainsi que l’Envoyé spécial et chef de la Mission d’appui des Nations unies en Libye, Ghassan Salamé, le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, et l’ambassadeur d’Italie en Algérie, Pasquale Ferrara.
Les musiciens de l’Orchestra dell’Accademia Teatro alla Scala de Milan, sous la direction du maestro Paolo Carignani, se sont livrés à une prestation des plus exceptionnelles, laissant les présents éblouis par cette musique authentique italienne et européenne. Durant près de deux heures, le nombreux public du TNA a pu apprécier les voix pures et percutantes d’Anna Pirozzi (soprano), Stefano Secco (ténor), Simone Piazzola (baryton) et Riccardo Zanellato (basse) interprétant en deux parties une dizaine d’extraits d’opéras peu repris en Algérie, du célèbre compositeur italien, Giuseppe Verdi.
Présentant au public chaque pièce au programme, Paolo Carignani, dirigeant d’une main de maître ses 73 instrumentistes, annonçait également, à tour de rôle, la cantatrice et les trois vocalistes qui se sont succédé sur la scène. Ils ont émerveillé le public avec leur maîtrise technique et leurs grandes capacités vocales, étendues sur de larges tessitures. Les extraits d’opéras « Vespri Siciliani » (ouverture), « Macbeth : Ah ! La paterna mano », « Don Carlo : Restate » et « Don Carlo : Vago Sogno », ont figuré parmi les pièces au programme de la deuxième partie du concert.
Le ministre de la Culture a, ensuite remercié le directeur de la Scala de Milan Alexander Pereira en lui attribuant une kouitra (instrument à cordes qui s’apparente au oud) et un burnous. En marge de cette soirée, le ministre de la Culture confie à propos de l’organisation de ce concert que «cela entre dans le cadre la coopération entre la Scala, qui est l’un des plus importants opéras en Europe et en Italie, et l’opéra d’Alger ainsi que le Théâtre national algérien. Nous avons aussi une coopération avec cette dernière en ce qui concerne la formation dans le ballet ou encore la musique pour l’opéra d’Alger». n