Les députés, à ne plus être présentés comme nouveaux (puisqu’ils ont ce statut depuis plus de trois mois), ont commencé à interpeller le gouvernement depuis lundi dernier. Ce n’était pas trop tôt, et c’était intéressant de voir s’il pouvait y avoir quelques nouveautés dans ce rituel qui date de plus longtemps et qui n’a quasiment jamais ébranlé un quelconque exécutif.
Cependant, l’un des sujets abordés par les élus, lors de leurs interventions, était celui du pouvoir d’achat des Algériens. Epineux, ce dossier ne peut laisser personne indifférent. La quasi-majorité des citoyens le vivent quotidiennement. Les exemples pullulent sur l’impact direct de la crise économique actuelle qui sévit dans le pays. Personne n’ose lancer de projets, et ceux qui en ont, ont déjà mis la clé sous le paillasson ou se préparent à le faire.
La flambée des prix des produits de première nécessité, constatée ces derniers mois, rend le quotidien des foyers de plus en plus insoutenable. Le présent est dur à vivre, et l’avenir se présente encore plus difficile. Les salaires sont en mode «stand-by» depuis longtemps, alors que tout autour est en train d’augmenter. L’érosion du pouvoir d’achat devient ainsi un véritable danger pour la paix sociale. La patience n’a que trop duré devant la persistance de cette tension qui ébranle les foyers et dont les conséquences risquent d’être périlleuses.
Trouver des solutions a dépassé maintenant l’étape de l’urgence, d’où les grands défis qui attendent le gouvernement de Aïmene Benabderrahmane. L’exécutif ayant été lancé avec pour mission principale de relancer la machine économique, la réussite de son plan présenté actuellement devant l’APN est d’une grande nécessité. Les petites retouches et les réformettes (celles qui sont indispensables) ne peuvent plus être d’actualité, l’enjeu est trop grand pour prendre ces risques.
L’allocation chômage aux sans-emploi, malgré ses bienfaits, ne peut pas suffire pour espérer diminuer l’actuelle tension sociale. Les plans chiffrés sans impact réel sur le quotidien des citoyens, en plus de leur inefficacité, peuvent même devenir une source de crise, et l’Algérie en a assez pour en accepter d’autres. Place au concret, au terrain.