Les prix du pétrole sont descendus très vite, mais aussi très bas, ces derniers jours. Du moins par rapport au scénario tout à fait inverse qui s’était produit sur le marché tout juste en début du mois dernier, avec une montée qui avait fait gagner au baril plusieurs dollars sur fond d’une série de records ayant hissé les cours à leur plus haut niveau depuis fin 2014.

En fait, bien plus que les 20% de taux de dépréciation qui ont frappé la valeur de l’or noir ce dernier mois, c’est la vitesse dans le temps avec laquelle cette dépréciation s’est manifestée que la situation est devenue inquiétante pour les pays exportateurs de pétrole.
Les douloureux souvenirs du crash pétrolier ayant entamé son parcours, en 2014, pour mener le brut à la très basse altitude des 30 dollars, en 2016, sont toujours vivaces, et tout signe de déprime du marché est une raison supplémentaire d’inquiétude. Notamment chez l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, qui se sont unis depuis pratiquement deux années autour d’un accord de réduction de la production pour équilibrer l’offre et stabiliser les prix.
Lequel accord a été soutenu par des facteurs géostratégiques ou techniques ayant participé, eux aussi, à faire remonter les prix à des niveaux qui ne figuraient même pas dans les prévisions, à commencer par celles de l’Opep et ses partenaires.
Ces derniers n’avaient pas non plus prévu que les sanctions américaines allaient avoir l’impact qu’elles ont eu depuis leur entrée en vigueur, le 4 du mois courant, d’autant que l’ensemble des analyses auguraient d’un baril qui atteindrait jusqu’à 90 dollars avant la fin 2018.
Mais le marché pétrolier reste trop volatil pour donner totale raison aux analyses et autres augures. Il a suffi que Washington daigne autoriser certains pays à continuer d’importer le pétrole iranien et que l’offre américaine devienne généreuse en réserves pour que le marché pétrolier se retrouve dans une dynamique de fort recul.