Les recettes fiscales globales de l’Algérie ont atteint 4 412,5 milliards de dinars durant les 10 premiers mois de 2017, dont 2 672,4 milliards de dinars pour la fiscalité ordinaire et 1 740,1 milliards de dinars pour la fiscalité pétrolière

, a indiqué hier le Directeur général des impôts, Mustapha Zikra. Les produits fiscaux ont représenté l’essentiel de ces recettes, avec «2 334 milliards de dinars, soit 80% des objectifs tracés », a précisé M. Zika sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale. La fiscalité ordinaire est donc en train de d’augmenter par rapport à la fiscalité pétrolière, mise au ralenti par la force du recul des recettes engrangées par les hydrocarbures.

Interrogé sur le phénomène de la fraude fiscale auquel fait face l’institution qu’il dirige, le même Directeur général avouera qu’il y a, en effet, « des efforts à faire » dans la lutte contre ce phénomène. Il précisera, néanmoins que le déficit remarqué actuellement entre les prévisions de la collecte et les recettes effectuées en matière de fiscalité ordinaire, que l’essentiel de l’argent est représenté par des sommes restant à récupérer par son administration, soit quelque 12 000 milliards de dinars, dont 8 000 milliards de dinars, a-t-il ajouté, sont constitués du fruit des amendes non encore recouvrées ou « irrécouvrables ». L’invité de la Chaîne III a également été sollicité à donner plus de détails sur la notion « d’abus de droit » introduite par la loi de finances 2018 dans le cadre de lutte contre la fraude fiscale. Il dira que cette notion constitue l’une des « dispositions phares qui touche les interprétations faites par les grandes entreprises, principalement les entreprises étrangères qui ont recours à des artifices juridiques, sur conseils de cabinets spécialisés, pour contourner les lois et bénéficier d’un maximum d’avantages fiscaux ». A propos des nouvelles taxes introduites par la même loi de finances sur les prix des carburants et les tabacs, en particulier, le premier responsable de la Direction générale des impôts (DGI) soulignera que cette mesure va générer des recettes supplémentaires d’environ 100 milliards de dinars, à titre de contribution au budget de l’Etat. Un montant qui viendra s’ajouter, a-t-il fait remarquer, à la fiscalité ordinaire, estimée à 3 000 milliards de dinars pour l’année prochaine. Concernant l’impact attendu sur les produits de consommation et le pouvoir d’achat du citoyen suite au relèvement des taxes sur les carburants, M. Ziki rappellera que le soutien à ce type d’énergies sera maintenu dans les secteurs de l’agriculture et la pêche. Précisant que les prix resteront inchangés pour tous les produits à coûts « plafonnés », à l’exemple du pain, du lait, de l’huile, du sucre « et de certains transports publics ». Ceci étant, des nombreux produits de large consommation, dont les prix ne sont pas plafonnés, n’ont pas attendu la nouvelle année pour les voir grimper et gagner des seuils insupportables pour le pouvoir d’achat du commun des Algériens. Cette envolée est imputée à des actions de « spéculations », estime encore l’intervenant sur la Chaîne III.