Les dispositions fiscales de la loi de finances pour l’année 2020 ne passent pas. Elles viennent d’être ajournées par le gouvernement qui semble attendre des jours plus favorables pour les retoquer à nouveau. Ou pas d’ailleurs !
C’est que ces mesures ont été prises par l’ancien gouvernement de Noureddine Bedoui dans le contexte politique que l’on sait pour combler, ou au moins réduire, le déficit de la balance des paiements en imposant un nouveau régime fiscal. N’ayant pas été suffisamment débattues en amont, le gouvernement Djerad a cru possible de les appliquer jusqu’à ce qu’il se rende compte de la tension qu’elles suscitent auprès de catégories socio-professionnelles qui refusent de payer de nouveaux impôts.
Ont-elles raison ou pas, la question est sans doute à poser, mais dans un climat autrement plus serein que celui auquel on assiste aujourd’hui. Avocats, dentistes, médecins, huissiers de justice, architectes, vétérinaires et autres professions libérales non commerciales s’organisent en vue de mener des actions de protestation.
Les salariés des régions du Grand-Sud se révoltent eux aussi contre cette loi qui leur supprime l’avantage fiscal accordé par de précédentes lois de finances, à savoir le paiement de la moitié seulement du taux de l’impôt sur le revenu global (IRG). Désormais, tous les travailleurs et salariés algériens sont soumis au même taux d’IRG.
Les compagnies d’assurances ne sont pas en reste. La LF 2020 les oblige à collecter la nouvelle taxe sur l’environnement, imposable à tous les véhicules en circulation dans le pays. Des particuliers refusent de payer cette taxe, ce qui provoque des tensions parfois.
Prudent, le Président de la République s’est engagé, lors de sa dernière sortie médiatique, de revoir certaines dispositions fiscales prévues par la LF 2020 par une loi des finances complémentaire. Toutefois, le chef de l’Etat n’a pas précisé la nature des changements programmés. Il est attendu que lui ou son Premier ministre devraient s’exprimer à ce sujet
Pour l’instant, une partie de l’opinion, notamment celle des chefs d’entreprise et d’opérateurs, dessine une orientation  : l’idéal, affirment nombre d’entre eux, est d’élargir l’assiette fiscale en créant de nouveaux secteurs d’activités et non d’imposer de nouvelles taxes et impôts qui ne font en réalité qu’aggraver les difficultés sociales de plusieurs catégories.