La facture globale d’importation des produits alimentaires a connu un léger recul durant les mois de janvier et février 2018, s’établissant à 1,479 milliard de dollars (md usd) contre 1,532 md usd durant les deux premiers mois 2017, soit -3,46%, selon le Centre national de l’information et des statistiques des Douanes (Cnis).

Pour le mois de janvier de l’année en cours, la facture de ces mêmes produits avait atteint 838 millions de dollars contre 747 millions de dollars durant la même période de 2017, soit une hausse de 12,2%, avait indiqué le Cnis dans un précédent bilan. Autrement dit, la légère baisse observée sur les deux premiers mois 2018 cumulés a été réalisée durant le seul mois de février, avec moins de 641 millions usd par rapport à janvier.
Le recul de la facture alimentaire en devises de l’Algérie aurait été sans doute plus conséquent si les importations des produits qui la dominent avaient observé une trêve dans leur tendance haussière, notamment les céréales, la semoule et la farine, dont le coût des importations est monté à 542,8 millions usd  en janvier-février 2018 contre 530,6 millions usd durant la même période de 2017, soit une augmentation de +2,3%.

Médicaments, une lourde facture
Une grande partie des dépenses en monnaie forte a été cependant générée par la facture d’importation de médicaments, celle-ci ayant grimpé à hauteur de 338,75 millions usd sur les deux premiers mois 2018 contre 217,36 millions usd à la même période de 2017, soit une nette hausse de plus de 121 millions usd  équivalant à 55,85%. Une tendance qui pourrait s’expliquer par l’arrivée, au début de cette année, d’importantes quantités de médicaments qui ont disparu des officines et autres établissements hospitaliers durant plusieurs mois. C’est peut-être aussi ce manque de nombreux médicaments sur le marché qui explique la baisse de la facture en la matière enregistrée durant l’année 2017, avec 1,89 md usd dépensés contre 2,02 md usd en 2016 (-6,4%). Figurant eux aussi parmi les principaux produits alimentaires importés, le café et le thé ont également enregistré une légère hausse avec une facture qui s’est chiffrée à 54,42 millions de dollars contre 54,38 millions de dollars (+0,07%).

Lait et sucre en baisse
Parmi les produits alimentaires dont le recul de la facture d’importation en ce début d’année mérite d’être relevé, les laits et produits laitiers ainsi que le sucre et sucreries, régulièrement mis en évidence pour les records enregistrés en coûts d’importation, méritent assurément d’être cités en tête de liste. Et pour cause, le lait et produits laitiers ont été importés pour 234,2 millions de dollars en janvier-février 2018 contre 265 millions de dollars en janvier et février 2017 (-11,6%), alors que la facture d’importation du sucre et sucreries, de son côté, a reculé à 172,86 millions usd contre 214,48 millions de dollars (-19,41%). Des baisses qui interviennent après une année 2017 marquée par une lourde facture consacrée à l’importation de ces produits, soit 1,41 md usd pour le lait et produits laitiers, contre 985,1 millions usd en 2016, et 1,03 md usd pour le sucre et sucreries contre 912,25 millions us en 2016.
L’interdiction d’importation de nombreux produits, laitiers notamment, et le relèvement des taxes sur d’autres, à l’exemple des  sucreries, semblent donc montrer leurs premiers effets sur la lourde facture consacrée à leur importations, même si chez de nombreuses superettes et autres points de vente au détail, les étals en sucreries «made in» sont toujours bien garnis, et ont même renforcé et diversifié leurs offres en ce type de gourmandises, avec des quantités qui ne peuvent provenir de l’import version cabas.
Concernant les importations des viandes, la baisse de la facture, entamée en 2017, suite à l’introduction des licences d’importation pour les viandes rouges puis de l’interdiction d’autres types de viande, se poursuit, affichant un recul considérable de 66% sur les deux premiers mois 2018, à 12,25 millions usd contre 36 millions usd en janvier-février 2017. Pour les légumes secs et autres, le Cnis relève une facture de 87,72 millions usd contre 91,74 millions usd (-4,4%).
Dans une autre catégorie de produits, celle du groupe des biens destinés au fonctionnement de l’outil de production, les huiles destinées à l’industrie alimentaire ont également vu leur facture d’importation reculer durant la même période référence, s’établissant à 140,21 millions usd contre 170,11 millions usd (-17,6%). Pour rappel, l’Etat algérien a introduit, depuis janvier 2018, de nouveaux mécanismes d’encadrement pour réduire la facture des importations et insuffler une dynamique à la production nationale.
Pour ce faire, 851 produits, dont des biens alimentaires ont été suspendus d’importation, alors que dans le cadre de la loi de finances 2018, il a été procédé à l’élargissement de la liste des marchandises soumises à la Taxe intérieure de consommation (TIC) au taux de 30%.