Trois nouveaux opérateurs se sont vu octroyer l’agrément provisoire pour l’activité de concessionnaire automobile, indique un communiqué du ministère de l’Industrie, précisant que pour cette seconde opération du genre, le Comité technique interministériel chargé de l’examen des demandes d’autorisation pour l’importation de véhicules neufs a étudié 17 nouveaux dossiers. En plus des 3 licences provisoires accordées, le comité a saisi 3 autres opérateurs concernant la levée des réserves émises lors de l’examen de leurs dossiers, fait savoir le département de Ferhat Aït Ali, ajoutant que les 11 dossiers restants ont été rejetés parce qu’ils «ne remplissent pas les conditions prévues par le cahier des charges régissant cette activité».
Ces 3 agréments ainsi s’ajoutent aux 4 autres accordés, il y a quelques jours, et portent ainsi à 7 les opérateurs ayant décroché provisoirement le document donnant droit à l’activité de concessionnaires.
Durant cette même opération, le comité avait également saisi 4 opérateurs concernant la levée des réserves émises lors de l’examen de leurs dossiers et émis des avis défavorables à l’encontre des 2 dossiers restants. Lesquels, tout comme les 11 autres opérateurs, dont les dossiers ont été rejetés lors de la seconde opération, peuvent cependant introduire un recours auprès de la commission de recours dans les délais, rappelle la tutelle, dans son communiqué. Ces délais sont de 15 jours à partir de la date de notification de la décision, faut-il le préciser. L’opération de traitement des dossiers «se poursuit jusqu’à examen de tous les dossiers, au nombre de 96 dossiers, déposés au niveau du ministère de l’Industrie sur un total de 227 préinscriptions sur la plateforme numérique consacrée à cet effet», ajoute-t-on de même source. Le nombre de dossiers retenus pour traitement par le comité représente donc plus que le double de «la quarantaine» de dossiers évoquée à ce propos, il y a quelques jours par Ferhat Aït Ali.
Pour sa part, le Comité technique chargé de l’examen des dossiers relatifs à l’exercice de l’activité de l’industrie automobile a tranché 2 nouveaux dossiers, portant le nombre global à 3 dossiers sur un total de 18 déposés au niveau du ministère, soulignant que ces dossiers concernent la fabrication de véhicules touristiques et utilitaires, fait-on encore savoir. Avec les licences provisoires entre les mains, les 3 nouveaux opérateurs sélectionnés peuvent «engager immédiatement les procédures d’obtention d’agréments définitifs et entamer l’importation effective conformément au décret exécutif 20-227 fixant les conditions et modalités d’exercice de l’activité de concessionnaires automobiles», précise le communiqué.
Référence faite notamment à la superficie globale des infrastructures dont disposera le concessionnaire pour son activité. Celle-ci a été fixée à 6 400 m² pour les véhicules touristiques et les camionnettes, entre zone de stockage (4 000 m²), magasin de pièces de rechange (400 m²), atelier SAV (1 000 m²), et enceinte d’exposition et qui doivent appartenir aux concessionnaires et non en location, a, en outre, imposé le cahier des charges. Et c’est surtout cette mesure qui a fait réagir un bon nombre d’opérateurs prétendant à l’activité. Ces derniers n’avaient pas manqué de remettre en cause le caractère «trop contraignant» du cahier des charges.
La piste asiatique
Si le traitement des dossiers pour l’importation de véhicules neufs semble avancer, ces derniers jours, les noms composant la liste actuelle des opérateurs détenteurs de l’agrément provisoire restent frappés du sceau de la confidentialité.
La tutelle maintient sa position sur le sujet, considérant que les dossiers ayant passé avec succès le premier examen du comité sont toujours en traitement et que l’heure n’est pas encore à l’annonce des opérateurs qualifiés.


Entre-temps, des noms de marques circulent ici et là sans que les informations ne soient confirmées. Cependant, il y a des signes qui privilégient actuellement la piste des marques asiatiques dans un marché algérien appelé à se reconstituer conformément aux données du nouveau cahier des charges.
Celui-ci étant dédié aux seuls opérateurs nationaux, l’activité d’importation de véhicules neufs est de ce fait appelée à refaire surface sans plusieurs marques européennes, en attendant le fameux cahier de charges annoncé par le ministre de l’Industrie pour les opérateurs étrangers, mais que ce dernier semble avoir décidé de reporter aux calendes grecques.
En effet, avant la suppression des importations de véhicules, il y a quelques années, un bon nombre de marques de voitures issues du Vieux Continent trouvaient place dans les showrooms algériens à travers un opérateur étranger. C’était le cas de Renault et Peugeot, représentés par des filiales des deux groupes français, de Citroën ou encore Opel, présentes en Algérie également par voie de filiales de groupes mondiaux multidisciplinaires, soit GBH (Saïda) pour la première marque et CFAO (Diamal) pour la seconde.
Or, si une marque comme Citroën peut retrouver un espace sur notre marché par l’intermédiaire d’un opérateur national, cette voie semble quasiment impossible à être acceptée par Renault et Peugeot dont le fonctionnement en filiales dispatchées à l’international serait difficile à abandonner par les responsables des deux groupes au profit des mesures du cahier des charges. Ceci d’autant que le nouveau texte remet en selle la règle 51/49 pour l’activité de concessionnaire automobile.
C’est donc sans ses deux marques historiques que le marché automobile algérien est en train de se préparer à relancer l’importation des véhicules neufs. Et lorsque le leader depuis de nombreuses années, en l’occurrence Renault, et une autre marque toujours aux avant-postes du marché, sont absents, c’est carrément une reconfiguration du marché qui se laisse deviner. Elle pourrait bien profiter à des marques asiatiques qui se sont fait une belle place sur notre marché depuis son ouverture il y a plus de vingt-ans, et que le client algérien, notamment la nouvelle génération, a adopté et, plus, en a fait une référence. A l’exemple des coréennes Hyundai et Kia notamment, alors que des marques chinoises, et même indiennes, pourraient, elles aussi, tirer profit de cette nouvelle redistribution des cartes annoncées dans le marché du véhicule neuf.