Les sentiments d’optimisme ont été revivifiés cette semaine sur le marché européen des céréales suite à un appel d’offres lancé par l’Algérie, lequel a été fermé jeudi dernier. Il portait sur une commande d’au moins 390 000 tonnes de blé de mouture d’origine optionnelle, faite par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), importateur public de céréales.

Bien que les détails de cet appel d’offres n’aient pas été publiés, les négociants sur le marché européen ont indiqué que le volume de la commande pourrait être plus élevé. Pour sa commande, l’OAIC a payé des prix compris entre 209,25 dollars et 213 dollars la tonne, frais et fret inclus, selon les négociants. Et pour remplir cette énième commande effectuée par l’Algérie, les traders parlent d’une forte concurrence entre producteurs français et argentins. Le blé français réputé de bonne qualité fait face à la concurrence du blé argentin pour ses bas cours. Malgré cette forte concurrence menée par les céréaliers argentins, la plupart des négociants sur l’Euronext voient en cet appel d’offres lancé par l’Algérie de nouvelles possibilités pour les exportations françaises, étant donné que l’Algérie constitue le traditionnel et le plus grand marché d’outre-mer pour le blé français. Encore une fois, l’appel d’offres lancé par l’Algérie durant la semaine dernière, fermé le jeudi, a redonné de la vigueur aux prix du blé sur le marché européen. Les contrats à terme sur le blé d’Euronext ont légèrement progressé jeudi ; les risques climatiques pour le blé américain et les espoirs d’une forte reprise des exportations françaises à la suite de l’appel d’offres de l’OAIC ayant aidé à compenser les pertes de change. C’est-à-dire que la hausse de l’euro par rapport au dollar américain a limité les gains. Plus clairement, la monnaie unique a rebondi contre le billet vert pour atteindre un nouveau sommet en quatre mois à près de 1,21 dollar, ce qui a pesé sur les perspectives d’exportation des céréales de l’Europe occidentale. Le blé de meunerie de mars, le contrat le plus actif sur Euronext, basé à Paris, s’est fixé à 0,50 euro, soit 0,3% de plus, à 160,50 euros la tonne. Il avait auparavant atteint un sommet de près de deux semaines à 160,75 euros, après avoir poursuivi son redressement par rapport à la baisse de 158,25 euros de mardi dernier. Sur le marché américain, les contrats à terme de blé dur du Kansas ont atteint un nouveau sommet de six semaines en raison des craintes liées au climat. L’on craint que la vague de froid sévère puisse nuire aux cultures américaines déjà aux prises avec la sécheresse. Cependant, les contrats à terme sur le marché américain ont légèrement reculé à l’heure où les commerçants attendaient des estimations plus claires sur les dégâts occasionnés par la récente vague de froid. Sur les onze premiers mois de l’année 2017, faut-il le rappeler, les importations algériennes de céréales ont connu une baisse comparées à celle de l’année 2016 à la même période.
En effet, le dernier bulletin statistique des services des douanes a fait état d’un recul de -3,31% en valeur des importations des céréales sur les 11 premiers mois de 2017. Les céréales (blé dur, tendre…), semoule et farine ont été importées pour un montant de 2,54 milliards de dollars contre 2,63 milliards de dollars, en baisse de 87 millions de dollars (-3,31%).