Par Bouzid Chalabi
Au moment où les recettes extérieures du pays déclinent, les restrictions au commerce extérieur se poursuive, notamment en ce qui concerne le volet importation des produits et articles dont la suspension ne provoquerait aucune crise sur le marché local. Dans cette logique, le gouvernement vient de décider d’élargir un peu plus la liste en vigueur jusqu’ici des produits interdits à l’importation. Effectivement, dans une notre adressée aux opérateurs-importateurs par la Direction des services vétérinaires relevant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural activant dans le domaine de l’importation de produits d’origine animale, il a été décidé la suspension d’importation à titre conservatoire, à compter de 1er septembre 2021, du thon et autres produits de la pêche conditionnés en conserve, la mortadelle de poulet et le pâté de volaille. Les importateurs seront, également, interdits, selon la même note datée de 5 septembre 2021, d’importer également les produits laitiers d’origine animale, dont le yaourt, la crème glacée et la crème dessert. Sont concernés également le jaune d’œuf liquide, la laine et les poils de chameau, les produits cuits et semi-cuits à base de viandes blanche et rouge, c’est-à-dire la charcuterie, le corned-beef et les appâts vivants destinés à la pêche.
Par ailleurs, la Direction des services vétérinaires précise dans sa note que ces mesures sont entrées en vigueur dès le 1er septembre 2021 et que «les produits susmentionnés et embarqués avant cette date et/ou arrivés au poste-frontière feront l’objet d’un examen de dossier». Il convient de noter que le ministère de l’Agriculture et du Développement rural n’a pas cité les motifs à l’origine de ces nouvelles suspensions d’importation. Toutefois, il est clair qu’à travers cette démarche, les pouvoirs publics visent la protection des produits nationaux étant donné que plusieurs produits ou leur équivalent sont produits localement. Dans ce contexte, des opérateurs n’ont eu de cesse, ces dernières années, de dénoncer la concurrence déloyale et parasitaire des produits importés chaque fois que l’occasion s’est présentée. Comme il faut remarquer que dans cette liste, on relève des produits dans lesquels l’Algérie est autosuffisante. Il devient donc facile de déduire que leur suspension d’importation est nécessaire car pouvant épargner au pays des dépenses et peser sur le budget de l’Etat.
Faut-il rappeler que cette nouvelle liste de produits interdits à l’importation intervient deux mois à peine après la décision prise en Conseil des ministres de suspendre à l’import la céramique sanitaire, le marbre fini et la porcelaine. Auparavant, au mois de mai plus exactement, ce sont les transformateurs électriques et les groupes électrogènes.
On apprend aussi, d’après des sources concordantes, qu’une autre liste est en cours de préparation et élaborée dans le même esprit, à savoir encourager la production nationale et réduire la facture d’importation du pays, soit de 10 milliards de dollars en comparaison à l’année 2020, comme inscrit dans la loi de finances 2021. Ce qui ne sera pas une tâche facile.
Notons enfin qu’en 2018, il était question d’une liste de 800 produits interdits à l’importation passant par la suite à 900. Au rythme actuel, la barre des 1 000 produits ne va pas tarder à être atteinte