Des fabricants espagnols de céramique, de la région Castellón près de Valencia, ont exprimé leurs préoccupations au sujet de l’institution par le gouvernement algérien d’un droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS), une mesure applicable à 1 095 produits, dont la céramique.

Ils sont mécontents que l’Algérie ait instauré une telle mesure, estimant qu’elle pose problème et constitue un obstacle à l’entrée des produits de céramique espagnols sur le marché algérien, un marché dont ils disent qu’ils tiraient profit, étant le principal débouché pour leurs produits. Cette information est rapportée par le média espagnol La Vanguardia. Ce dernier ajoute que les exportateurs mécontents ont qualifié la mesure de « protectionniste », soulignant qu’elle est en porte-à-faux avec des dispositions de l’accord d’association liant l’Algérie à l’Union européenne. En fait, la décision du gouvernement est une décision souveraine. Elle est objectivement justifiée, parce que prise dans un contexte de déficit de la balance des paiements. En règle générale, le commerce extérieur est ouvert sans contrainte. Mais une dérogation à cette règle est admise en cas de déséquilibre de la balance de paiement. Et c’est le cas aujourd’hui.
Ce n’est pas la première fois que les fabricants espagnols de céramique critiquent les restrictions à l’importation adoptées en Algérie. En 2018, ils ont exprimé leur mécontentement au sujet de la liste des 850 produits interdits à l’importation. Mais, un accord a été trouvé entre Algériens et Espagnols, en prorogeant les délais des licences d’importation de céramique espagnole jusqu’au 31 mai 2018. En juin 2018, l’association des fabricants espagnols de céramique est montée au créneau, après l’expiration des délais. Elle a mentionné, dans un communiqué rendu public et repris par le journal El Periodico del Azulejo, que l’Algérie a de nouveau porté un coup dur au secteur de la céramique espagnole, après la décision de geler des importations de produits de la région de Castellón depuis le 31 mai 2018, c’est-à-dire après l’expiration des délais prescrits dans le cadre des licences d’importation. Avant le gel des importations de céramique par l’Algérie, le marché algérien générait environ 120 millions d’euros par an au profit du secteur de la céramique en Espagne.
En Algérie et à la suite de la suppression de l’importation de la matière première, incluse dans la liste des 850 produits interdits d’importation, quelque 50 petites et moyennes entreprises du secteur de la céramique étaient menacées de fermeture et de licenciement de leurs salariés. Le pays importe de la matière première pour l’équivalent de 35 millions d’euros, annuellement, alors que la facture des produits de céramique importés, dans le cadre de la revente en l’état est de 71 millions d’euros. Il gagne relativement au change. Mais au fort de la crise, en 2018, autour de la longue liste des produits frappés d’interdiction, nous avions assisté à une grande confusion quant aux objectifs de l’interdiction. Et les professionnels de la filière se posaient la question suivante : comment le gouvernement, le ministère du Commerce, considéraient-ils que 35 millions d’euros était une grosse facture à supporter par le budget, alors que 71 millions d’euros de produits finis importés, dans le cadre de la revente en l’état, était une facture acceptable. La facture des produits finis était le double de ce que l’Algérie importait en matière première, c’était là le problème.
En tout cas, ils pensaient (et ils le pensent encore) que c’est de là qu’était venue la confusion. Rappelons que le Daps dont le taux oscille entre 30 et 200% concerne plusieurs groupes de produits, à savoir les viandes blanches et rouges (à l’exception de la viande bovine congelée), les fruits secs, les fruits frais (à l’exception de la banane), les légumes frais, la préparation de viandes, la préparation de poissons et les fruits conservés ou préparés. Il concerne également les préparations alimentaires, les préparations pour soupes et potages, les dérivés de céréales, le ciment, les produits cosmétiques et les papiers d’hygiène. Ils sont aussi concernés par le Daps, les produits plastiques, les caisses et caissettes en bois, les tapis, et autres revêtement de sol en matières textiles, le marbre et le granit finis, la céramique finie, les produits en céramique, le verre et l’ouvrage en verre, les ouvrages en fonte, l’aluminium et l’ouvrage en aluminium, les articles de robinetterie sanitaire, les chaises et les meubles, les lustres, les machines et les articles électroménagers, le téléphonie mobile et les ouvrages divers. Les produits de céramique importés sont dorénavant soumis une taxe additionnelle de 60%.