Par Bouzid Chalabi
Compte tenu de la conjoncture particulière sur les marchés mondiaux des céréales conséquemment à la guerre en Ukraine, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) met les bouchées doubles. D’une part, il est contraint d’accélérer ses importations en blé meunier et, d’autre part, à faire le plein de stockage des céréales, toutes variétés confondues, issues de la prochaine campagne moissons-battage. En somme l’OAIC est appelé, dans le contexte actuel, à atteindre ces deux objectifs primordiaux. En ce qui concerne le volet importation, l’importateur public algérien a accéléré, depuis quelques mois, sa cadence d’approvisionnement en blé meunier. En témoigne, cette succession, ces derniers mois, de lancement d’avis d’appel d’offres pour l’acquisition de volumes très importants de blé primaire, à savoir le tendre et le dur. Le dernier en date se termine aujourd’hui et consiste en l’achat de 50 000 tonnes de blé meunier livrable sur deux périodes, l’une, du 1er au 15 juillet, et l’autre, du 16 au 31 juillet. A propos de ce dernier avis d’appel d’offres, il y a lieu de savoir que la campagne commerciale internationale va se clôturer à la fin du mois de juin 2022, avant l’entrée en service de la prochaine, en juillet, comme il est d’usage chaque année. Laquelle pourrait connaître, elle aussi, une tendance à la hausse comme la précédente. Un scénario qui n’est pas du tout en faveur des pays gros importateurs, à l’image de l’Egypte et de l’Algérie. S’agissant du deuxième volet, tout va reposer sur la réussite de la prochaine campagne moissons-battage, ce qui est d’ailleurs primordial pour l’OAIC. Dans cette optique, on apprend de sources concordantes qu’au niveau de l’Office on s’attèle à réunir toutes les conditions à même de réussir la campagne qui va débuter officiellement à la mi-juin prochain. Autrement dit, toujours selon ces mêmes sources, tout est mis à pied d’œuvre pour mener à bien cette campagne. On apprend également du côté du ministère de l’Agriculture et du Développement rural que la réussite des moissons relève de deux facteurs. Celui relatif aux moyens matériels qui semble être résolu, car tout le parc de moissonneuses-batteuses, de camions à benne et sites d’entreposage sont fins prêts, nous a-t-on assuré. Quant au second facteur, qui relève des rendements sur ce plan-là, on reste optimistes. En effet, les échos parvenus des wilayas à vocation céréalière augurent de récoltes très intéressantes. Et tout porte donc à croire que les volumes récoltés seront nettement supérieurs à ceux qui ont soldé la campagne moissons-battage de 2021 qui, faut-il le rappeler, n’a pas dépassé les 11 millions de quintaux, alors que la moyenne de ces dix dernières années tournait autour de 30 millions de quintaux. Mais toujours est-il, et selon les prévisions des experts en la matière, « on restera encore loin des 60 millions de quintaux réalisés en 2019. Pour l’heure, les rapports parvenus aux directions des services agricoles des wilayas concernées font cas de bonnes prévisions de récolte dues aux fréquents épisodes pluviométriques, notamment ceux enregistrés lors de la période de montaison des épis – mars et avril- rendant ainsi possible des rendements à l’hectare intéressants. C’est du moins une bonne nouvelle quand bien même le volume de production de cette année ne sera pas égal à ceux de 2018 et 2019 où il a été cueilli 60 et 63 millions de quintaux pour tomber par la suite à 45 millions de quintaux, alors que nos besoins en céréales primaires sont estimés à plus de 8 millions de tonnes par an pour une consommation moyenne de 200 kg par an et par habitant. Maintenant qu’il est admis que si le conflit armé, qui oppose Ukrainiens et Russes, venait à perdurer, c’est le marché céréalier mondial qui va connaître de sérieuses fluctuations à la hausse. A partir de cette éventualité, le pays est sommé de revoir sa stratégie de production céréalière afin du moins de fléchir en partie notre facture d’importation. Il va de notre sécurité alimentaire. <