Alors que le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait annoncé, le 21 mars 2021 lors de la réunion du Conseil des ministres, avoir autorisé « à titre exceptionnel » l’importation de viandes congelées en prévision du mois de Ramadhan, les opérateurs concernés sont encore dans l’attente d’en savoir un peu plus sur la procédure.

Par Bouzid Chalabi
« Les ministères de l’Agriculture et du Commerce n’ont, à ce jour, pas communiqué la démarche à suivre », déplore le président de la Fédération nationale des importateurs de viandes rouges, Sofiane Bahbou. Ce dernier, qui s’exprimait hier sur la Chaîne II, de la Radio nationale, à propos de la démarche à suivre, « et puisqu’il s’agit d’un retour à notre activité d’import de la viande, il est clair que toute opérateur concerné doit posséder les deux autorisations des deux ministères concernés», a-t-il fait savoir. Et de préciser : « Il s’agit de la dérogation sanitaire pour l’importation de viandes rouges qui relève du ministère de l’Agriculture, établie par sa Direction des services vétérinaires (DSV), et la seconde, portant sur le respect des règles commerciales délivrée par le ministère du Commerce. » Non sans faire remarquer au passage que ce dernier document « a été gelé bien avant l’interdiction d’importation, c’est-à-dire depuis au moins quatre mois ». L’invité de la radio a en outre précisé que « les deux documents en question nous sont indispensables pour pouvoir ouvrir une ligne de crédit ». Sur ce dernier point, le président de la fédération s’est interrogé : « Alors que le président de la République a pris la décision de lever l’interdiction d’importation, pourquoi toute cette lenteur dans son exécution, d’autant plus que 15 jours nous séparent du mois de Ramadhan. »
Pour rester dans cet ordre d’idées, il faut savoir que le Directeur général de l’Office national interprofessionnel des légumes et des viandes (Onilev), Mohamed Kherroubi, a révélé, le 21 mars 2021, qu’un peu plus de 20 000 taurillons destinés à l’abattage seront importés « pour approvisionner le marché national en viande rouge », a-t-il précisé. Ce dernier soulignant par ailleurs que l’importation de ces 20 000 taurillons permettra « aux abattoirs de fonctionner, faire de la plus-value et permettre à toute la chaîne de fonctionner normalement et de mieux rentabiliser nos abattoirs et d’avoir de la viande halal. Elle permettra au consommateur de s’approvisionner en viande fraîche directement abattue dans nos abattoirs ».
Pour rappel, les importations de viandes rouges ont été gelées par les pouvoirs publics au 4e trimestre 2020. Une décision qui entre dans le cadre de la rationalisation des importations ainsi que l’encouragement des produits locaux. Elle répond par la même occasion aux attentes des éleveurs et des engraisseurs qui se sentaient concurrencés par les produits importés.