Plus de vingt jours après la publication du nouveau cahier des charges sur le Journal Officiel, aucun opérateur n’a encore déposé son dossier d’agrément pour cette activité. C’est ce qu’a révélé le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali Braham, vendredi, lors de son passage au Forum d’Echaâb.
Une information qui ne constitue sans doute pas une surprise, sachant que le nouveau texte venu réglementer l’activité des concessionnaires a été très froidement accueilli par la corporation. Après l’euphorie provoquée chez cette dernière par la loi de Finances complémentaire 2020, venue autoriser de nouveau l’importation de véhicules neufs, les ardeurs chez les intéressés n’ont pas tardé à se tempérer dès les grandes lignes du cahier des charges connues. Celui-ci est jugé trop contraignant par ceux à qui il s’adresse et les détails livrés depuis sa publication officielle semblent avoir eu raison de ce qui pouvait subsister de détermination à tenter l’aventure chez ces derniers.
S’en est suivie une campagne de critiques et de remise en cause de nombreuses mesures introduites par le document, laissant transparaître assez clairement un désintéressement chez les opérateurs dont, pourtant, nombreux avaient déjà entamé les manœuvres en vue de récupérer ou d’arracher des marques à représenter en Algérie. Partant, la toute fraîche déclaration de l’artisan du nouveau cahier des charges ne fait que confirmer ce désintéressement, alors que le marché automobile algérien ne vend plus de véhicules depuis plusieurs mois, suite à l’arrêt des usines d’assemblage, en l’occurrence Renault Algérie Production (Renault-Dacia), Sovac (VW, Seat, Skoda, Audi, VW Utilitaires), Gloviz (Kia) et Hyundai Motors Company (Hyundai). Le ministre du secteur ne semble pas pour autant prêt à reculer face la riposte. Bien au contraire, il défend sans concession sa démarche à l’égard de la branche automobile et profite de ses déclarations au quotidien arabophone pour la soutenir. «Le cahier des charges pour l’importation des voitures comprend des articles juridiques importants qui ne sont pas sujets à changement et discussion et auxquels il ne sera pas renoncé quelles que soient les circonstances», a déclaré à ce propos M. Aït Ali, avant d’accuser ceux qui sont à l’origine de la polémique suscitée par le nouveau règlement. «Ceux qui sont derrière cette polémique ont des intérêts à agir de la sorte», soulignant qu’après avoir été mis au courant du nouveau cadre juridique régissant leur activité, les concessionnaires pouvaient déposer leur dossier et «obtenir une accréditation dans un délai d’un mois». Et de rebondir pour affirmer que les conditions d’importation, tout comme les conditions de fabrication de véhicules de tourisme «ne sont pas négociables» et que «certaines parties tentent de passer des conditions frauduleuses sur une base technique». Avant la publication des deux cahiers des charges, il y avait eu un tollé, mais après sa publication, nous n’avons pas entendu de réaction malgré quelques critiques subjectives», ajoutera le ministre, non sans se dire surpris que «certains journaux et chaînes se soient concentrés sur le texte d’importation de voitures».
Pour rappel, le nouveau texte régissant l’importation et la commercialisation de véhicules neufs introduit une batterie de mesures qui imposent aux concessionnaires une rupture quasi-totale avec le mode de conduite qui prévalait dans la corporation avant la suspension de l’activité, il y a un peu plus de trois années. A commencer par la relation avec le client qui doit être basée sur des règles qui réhabilitent ce dernier et lui conservent ses droits de la commande jusqu’au moins l’expiration de la période de garantie du véhicule acquis. De plus, ce texte n’autorise que deux marques pour chaque concessionnaire et reconduit le système de quota qui devrait tourner autour des 200 000 unités par an, selon les prévisions faites, il y a quelques jours, par Ferhat Aït Ali Braham. <