Par Fazil Asmar
Les associations de protection des consommateurs et des commerçants reconnaissent que l’instruction du président Abdelmadjid Tebboune, relative à la flambée des prix, pourrait faire baisser cette dernière et contribuer à préserver le pouvoir d’achat.
Le chef de l’Etat a, en effet, exhorté les responsables concernés à résoudre les préoccupations des citoyens dans les secteurs du commerce et de l’agriculture, de lutter contre la flambée des prix avec le recours notamment aux importations, et ce, à titre urgent et exceptionnel, afin de préserver le pouvoir d’achat. Il s’agira, par ces importations, d’inonder le marché des produits qui font l’objet de spéculation, les produits de large consommation et les viandes blanches. «Si cette mesure est appliquée et que le marché est inondé en produits alimentaires, cela fera, en effet, baisser les prix des produits de large consommation. Toutefois, avec la crise financière par laquelle nous passons, il vaut mieux éviter de recourir aux importations et préserver ainsi nos réserves de change. Il faudra plutôt favoriser le dialogue avec nos producteurs et nos commerçants et trouver des solutions locales en ménageant le plus possible nos caisses en devise», estime le directeur exécutif de la Fédération algérienne des consommateurs (FAC), Mohamed Toumi.
Parmi ces solutions, d’après lui, la réactivation des offices chargés de la régulation des différents produits alimentaires et qui sont en hibernation. «Si ces offices assument leurs rôles, les récoltes agricoles seront mieux contrôlées ainsi que leur distribution sur le marché. Ainsi, les prix seront raisonnables et surtout maîtrisés», assure-t-il. Néanmoins, le plus urgent selon lui, c’est que le ministère de l’Agriculture évalue l’ensemble de la production agricole disponible dans nos réseaux de stockage et d’emmagasinement, tandis que le ministère du Commerce évalue ce qui est disponible en matière de produits agroalimentaires, ainsi que nos capacités en matière de distribution. «De cette façon, il nous sera plus facile de faire le point sur ce qui est disponible, nos besoins et en informer les consommateurs, avant d’importer ce qui nous manque», indique-t-il.
Le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCAA), Hadj-Tahar Boulenouar, estime également nécessaire de faire le point sur la production nationale et savoir ce que nous avons et ce qui nous manque. «Il est nécessaire qu’on sache avec précision quels sont nos besoins en produits agricoles à chaque saison et ce qui est disponible sur le marché, formel et informel, et ce qui est stocké dans nos espaces de conservation», dit-il, signalant que si on recourt aux importations, cela signifie que la flambée des prix n’est pas causée uniquement par la spéculation, mais aussi par un déficit en matière de produits alimentaires.
Concernant la vente directe entre agriculteurs et consommateurs, le directeur exécutif de la FAC signale que cette action est un «échec total». «Tant que les agriculteurs n’ont pas un espace officiel de commercialisation, cette action ne pourra pas réussir. Les agriculteurs sont chassés par les marchés de gros afin de ne pas faire de l’ombre aux mandataires. Il leur reste le trottoir pour vendre leurs produits et, dans ce cas-là, cette action encourage l’informel», explique-t-il, en appelant les autorités concernées à autoriser les agriculteurs à vendre directement leurs produits aux consommateurs dans des espaces inoccupés tels ceux du Palais des expositions, la Safex. <