Le système des quotas pourrait être reconduit dans le cadre du retour aux importations de véhicules neufs par les concessionnaires. C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Industrie et des Mines, lors de son passage à l’émission « Bi Woudouh » d’Echorouk TV, dans la soirée de mardi. Cette reconduction serait imposée par la situation financière actuelle du pays, a justifié Ferhat Aït Ali, à la veille de l’adoption et de la publication du cahier des charges portant sur l’importation de véhicules neufs. Pour rappel, lors du dernier Conseil des ministres dimanche, le président de la République avait ordonné que cette adoption devait se faire avant la fin de la semaine, c’est-à-dire au plus tard aujourd’hui.
Le système refait donc parler, par la voix du ministre de l’Industrie, alors que le premier concerné par ce dossier, en l’occurrence l’ex-ministre des Finances Abderrahmane Raouya, avait évacué cette démarche lors de sa présentation de la loi de finances complémentaire devant l’APN, en mai dernier. « Le gouvernement optera pour une importation libre, sans mise en place de quota, ce qui évitera certains comportements néfastes qui ont entaché la distribution des quotas par le passé », avait, en effet, affirmé M. Raouya devant la Commission des finances et du budget de l’APN.
Mais entre-temps, plusieurs mesures annoncées dans le cadre du nouveau cahier des charges, régissant la commercialisation des véhicules neufs, présageaient déjà d’un système de quotas qui ne dit pas son nom, ou qui le dit de manière implicite. Parmi ces mesures, nous pouvons citer celle qui limite la représentation à deux marques seulement par concessionnaire, sur fond d’une longue liste de contraintes administratives, juridiques et bancaires qui réduisent sensiblement les manœuvres des concessionnaires.
Pour rappel, le système des quotas avait fait son apparition après la chute des prix du pétrole en 2014. Il visait à réduire la facture des importations automobiles qui avait atteint les 6 milliards de dollars durant la même année. Il sera reconduit, en 2019, dans le cadre des importations de kits SKD-CKD servant à l’activité d’assemblage mécanique, limitant à 2 milliards de dollars la facture pour les 5 usines alors en activité.

Industrie mécanique : deux grands constructeurs intéressés
Abordant l’activité de l’industrie mécanique, soumise elle aussi à un cahier des charges, le premier responsable du secteur a annoncé que deux grands constructeurs étrangers ont manifesté leur prédisposition à venir investir en Algérie, conformément aux dispositions introduites par le nouveau texte, visant à rompre avec les pratiques de l’assemblage des kits SKD, et à mettre en place des usines automobiles qui donnent droit d’emblée à l’intégration locale. Celle-ci est imposée à hauteur de 30% dès l’entame d’un projet, faut-il le rappeler.
M. Aït Ali a précisé qu’il s’agit d’un constructeur européen et d’un autre asiatique, sans toutefois citer des noms. Ces derniers ont même pris contact avec son département pour s’informer de l’actualité du secteur automobile en Algérie, a-t-il ajouté, soulignant que l’un des deux constructeurs a manifesté son intention de prendre sous sa coupe à 100% l’usine qu’il vise à installer en Algérie. Une démarche devenue possible depuis que la loi de Finances 2020 est venue abolir la règle 51/49 pour les secteurs non stratégiques, dont la filière mécanique automobile. Ce qui n’est pas le cas pour l’importation des véhicules neufs où cette règle a été reconduite comme par enchantement. Du coup, le cahier des charges attendu pour aujourd’hui concernera les seuls concessionnaires locaux, alors que les étrangers devront encore attendre le cahier des charges qui leur sera destiné. <