La question mérite d’être à nouveau posée : les agréments vont-ils enfin être accordés aux opérateurs ayant souscrit à l’activité d’importation de véhicules neufs et qui remplissent les conditions contenues dans le nouveau cahier des charges régissant désormais la profession de concessionnaire automobile ?
Elle mérite d’être encore posée parce que les premières demandes en ce sens remontent à déjà deux mois et la délivrance d’un agrément provisoire par la tutelle, en cas de validation de cette demande, devrait se faire dans un délai n’excédant pas les 30 jours, suivant la date de délivrance du récépissé de dépôt, est-il précisé dans le même texte.
L’on se rappelle, en effet, qu’au début du mois d’octobre dernier, Ferhat Aït Ali Braham avait annoncé que 113 demandes d’agrément pour l’activité d’importation de véhicules neufs avaient été déposées au niveau de son département. Ces demandes englobent tous les types de véhicules autorisés à l’importation, avait-il précisé, rappelant qu’«elles seront toutes étudiées» et que «les opérateurs auront les réponses dans un délai de 30 jours».
Une fois les autorisations délivrées, ce sera au ministère du Commerce de «veiller à ce que les clauses du cahier des charges soient respectées», a-t-il précisé, avant de rassurer les prétendants à l’activité de concessionnaire automobile. «Quiconque répond aux conditions contenues dans le cahier des charges aura son agrément», avait-affirmé, avant de faire remarquer que celles-ci «ne sont ni difficiles ni draconiennes», mais constituent «un strict minimum exigible pour tout opérateur et garantissent la protection du client, qui constitue le maillon faible de cette chaîne».
Depuis la sortie du premier responsable du secteur, plus aucun signe sur l’état d’avancement en la matière, hormis la publication, au Journal officiel, de la liste des noms du comité mis en place pour l’étude et le suivi des dossiers déposés par les prétendants au métier de concessionnaire, ainsi que les noms du comité chargé de la même mission pour l’activité d’industrie mécanique.
La situation évolue à ce rythme et, dans cette configuration, plusieurs mois après l’adoption par le Parlement de la loi de finances complémentaire 2020, qui est venue ouvrir de nouveau la voie à l’importation et la commercialisation de véhicules neufs. Ce qui avait laissé entrevoir une issue, ne serait-ce qu’étroite, au blocage vécu par le marché automobile depuis au moins une année et, surtout, subi par le citoyen qui ne trouve plus de voiture à acheter dans les showrooms.
Cependant, le temps passé par le ministère de l’Industrie à préparer le cahier des charges consacré à cette activité aura exagérément duré, et depuis sa libération et sa publication au Journal officiel, en août dernier, les demandeurs d’agrément ne se sont pas faits priés pour se manifester dès le lancement de la plateforme numérique lancée par le ministère le 20 septembre dernier.
Ces derniers seront-ils fixés sur leur sort avant la fin de l’année 2020 ? <