Le cahier des charges relatif à l’importation des véhicules neufs attend toujours son adoption et sa publication. Pourtant, dans un énième rappel en ce sens, le président de la République avait saisi l’occasion du Conseil des ministres de dimanche dernierpour « ordonner » cette adoption et cette publication avant la fin de la semaine qui suivait la même réunion, c’est-à-dire avant jeudi passé. Mais aucun signe de ce nouveau texte sur le tout dernier Journal Officiel, en l’occurrence le n° 42.
Ce retard qui dure et se prolonge de semaine en semaine n’est d’ailleurs pas sans soulever des interrogations chez de nombreux observateurs comme chez les professionnels du secteur, qui attendent depuis plusieurs mois pour engager les procédures qui leur permettraient de renouer avec l’activité d’importation et de commercialisation de véhicules, après une rupture avec cette activité autorisée de nouveau grâce à la Loi de Finances complémentaire 2020.
Pour ces derniers, ce retard n’a que « trop duré » et « ne fait que rajouter à la situation de blocage dans laquelle se trouve le marché automobile algérien après l’arrêt des activités des usines », nous dit l’un d’entre eux, en sa qualité d’ancien concessionnaire.Notre interlocuteur avoue avoir « fortement applaudi » la réhabilitation du métier, mais se dit « désolé » de constater « la lenteur qui caractérise cette réhabilitation sur le terrain ».
Une lenteur qui n’a cependant pas empêché les détails contenus dans le cahier des charges d’être connus du grand public depuis quelques jours déjà, provoquant une réaction de remise en cause de son caractère « trop contraignant » à travers les mesures « draconiennes » qu’il introduit aussi bien sur le registre juridique que technique, regrette encore le même concessionnaire.
Ces contraintes, observe un autre professionnel de l’automobile, « vont certainement dissuader beaucoup d’entre nous qui voulaient retrouver leur métier ». Et pour cause, « il sera très difficile de les assumer pour le concessionnaire algérien, mais aussi pour le constructeur étranger », indique-t-il.
Une semaine après l’adoption du cahier des charges relatif à l’importation des véhicules neufs, les détails contenus dans ce texte sont connus, nous a indiqué une source proche d’un concessionnaire. Pour rappel, les mesures introduites par le nouveau texte qui se fait attendre ont trait, entre autres, à la limitation à deux marques seulementpar concessionnaire. Cette limitation va sans doute pousser certains concessionnaires à revoir à la baisse leurs ambitions et même tempérer leur ardeur d’expansion à travers la récupération d’autres marques dont lesreprésentants se trouvent actuellement en prison, et leur coopération avec leurs partenaires étrangers mise en cause. Dans le même ordre d’idées, le nouveau cahier des charges stipule que le concessionnaire automobile a droit à une licence unique, qu’un partenaire ou un actionnaire ne peut réclamer plus d’une licence, que le permis d’exploitation temporaire est valable 12 mois.
Concernant la relation concessionnaire–client, le nouveau texte introduit de nouvelles règles qui visent assez explicitement à rompre avec les pratiques du passé et à réhabiliter l’acheteur dans ses droits depuis la commande du véhicule jusqu’à au moinsl’expiration de la période de garantie. A commencer par les normes de sécurité et d’environnement. A ce sujet, il est stipulé que les véhicules importés doivent être dotés de 4 airbags, Abs et ESP. Ce qui risque d’être fortement ressenti au niveau du prix du véhicule.