Même s’il n’était pas programmé au dernier Conseil des ministres, tenu lundi, le dossier automobile a tout de même fait une intrusion dans cette réunion. Et c’est toujours le cahier des charges relatif à l’activité d’importation de véhicules neufs qui fait réagir Abdelmadjid Tebboune.

Par Feriel Nourine
La raison de cette énième évocation du texte en Conseil des ministres est bien claire. En dépit des instructions données par le président de la République lors du rendez-vous du même type, le 23 octobre dernier, pour la libération du fameux cahier des charges dans la semaine, aucune application de ces orientations ne s’est manifestée de la part des responsables interpellés.
En effet, trois semaines plus tard, ce document destiné à organiser l’activité de concessionnaires automobiles est toujours attendu par les opérateurs ayant déposé un dossier dans cet objectif, mais aussi par les citoyens, dont le nombre de demandeurs d’un véhicule neuf s’est considérablement accru depuis déjà près de quatre années, suite à la fermeture des quelques usines de montage implantées à travers le territoire national.
Mais l’attente ne saurait encore durer, maintenant que la date de la publication du cahier des charges a été explicitement fixée par le chef de l’Etat. Ce sera demain jeudi, indique le communiqué de la Présidence consacré à la réunion du Conseil des ministres.
«Monsieur le Président a ordonné de rendre public, jeudi 17 novembre 2022, le cahier des charges régissant les activités des constructeurs et des concessionnaires automobiles», précise la même source.
Cette fois-ci semble donc être la bonne. Ce qui devrait réjouir les opérateurs qui disent remplir toutes les conditions pour l’exercice de l’activité de concessionnaire automobile et n’attendent que la publication du cahier des charges pour décrocher le fameux agrément. Un cahier des charges dont aucun contenu n’a encore été dévoilé, mais qui devrait s’inscrire dans l’esprit des interventions faites depuis trois années par les pouvoirs publics.
Cela avait été encore le cas, le 23 octobre dernier, lorsque le premier responsable du pays avait commandé la libération de ce texte. Le président de la République a insisté sur l’impératif de faire «la distinction entre l’activité des concessionnaires importateurs et celle des fabricants et s’orienter vers une industrie mécanique suivant les normes technologiques modernes». Il a également ordonné de veiller à ce que l’exportation des voitures depuis l’Algérie, après leur importation, ne se fasse pas au détriment du marché national, des besoins des citoyens et avec les fonds du Trésor public.
Autrement dit, c’est un changement profond qui sera introduit par le nouveau texte, notamment dans la relation entre le concessionnaire et son client, à travers une rupture avec les pratiques qui avaient nui à cette activité avant son arrêt en 2017.
Pour rappel, c’est le troisième document du genre qui viendra réviser celui publié au printemps 2021 en guise d’amendement du cahier des charges hérité de l’ex-ministre de l’Industrie Ferhat Aït Ali qui, lui-même, s’était débarrassé du legs laissé au secteur par Bouchouareb. Des révisions qui n’auront finalement pas suffi à libérer le marché automobile du neuf via les concessionnaires, prolongeant l’attente de l’octroi des agréments et de la réouverture des showrooms.
Pour rappel, cela fait presque une année que Abdelmadjid Tebboune avait exigé, toujours en Conseil des ministres, la révision «immédiate» du cahier des charges livré en mai 2021. La libération du cahier des charges viendra s’ajouter aux bonnes nouvelles qui sont en train de marquer cette fin d’année 2022, dont notamment celle relative à la signature toute récente d’un accord entre le ministère de l’Industrie avec le constructeur italien Fiat, du groupe Stellantis, pour la fabrication de véhicules en Algérie. Après trois années de traversée du désert, le marché automobile en Algérie semble donc prêt à reprendre du service. L’année 2023 sera visiblement celle de la relance tous azimuts. <