La liste des opérateurs ayant reçu l’agrément temporaire pour l’importation de véhicules neufs est à neuf noms contre sept préalablement. L’information a été rendue publique lundi par le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali. Une moitié d’information plutôt, puisque les noms retenus par le Comité interministériel chargé de suivre les dossiers déposés pour cette activité restent toujours inconnus, le ministre se contentant de reproduire quasiment les mêmes informations à travers le marathon médiatique auquel il s’adonne ces dernières semaines.

Lors d’un entretien fraîchement accordé à la revue Indjazat, le ministre le plus médiatisé du gouvernement Djerad s’est limité à informer que ces noms seront révélés «assez tôt».
Lundi, il n‘a pas dérogé à la règle en répétant, une nouvelle fois, que l’opération d’octroi de ce type de documents «reste ouverte et le nombre des autorisations peut augmenter». L’intervenant s’exprimait en marge de sa visite de travail dans la wilaya de Guelma. Il a encore rappelé que «l’opération de réception des dossiers des postulants à l’importation de voitures n’a pas été limitée dans le temps ni par un nombre donné de concessionnaires», ajoutant qu’elle «reste ouverte à tous ceux capables d’honorer les conditions organisationnelles liées à cette activité».
Du déjà dit et redit à chaque évocation du dossier automobile que le premier responsable du secteur a pris en charge pour en dégager le scénario d’un véritable feuilleton mexicain. Et lorsque M. Aït Ali trouve autre chose à redire, c’est souvent pour ajouter une nouvelle provocation à l’encontre du citoyen et entretenir la polémique qu’il fait animer sur la place publique, sur les réseaux sociaux mais aussi au niveau des deux chambres parlementaires où il a fini par devenir la cible privilégiée des remises en cause émises par des députés et des sénateurs.
«Le rêve est permis»
A l’exemple de ce qui s’est encore produit samedi, lorsqu’il a déclaré, au forum d’El Hiwar que «le rêve d’acquérir et de posséder des voitures en Algérie est possible et peut s’exaucer». Mais qu’«il y a des rêves qui détruisent l’économie», a-t-il jugé dans sa logique de faire cavalier seul dans un dossier qui ne devrait pas dépendre de son seul département, encore moins de sa vision personnelle.
Une sortie qui rappelle celle opérée à la fin de l’année dernière par le même ministre, considérant que la voiture n’était pas une priorité pour le citoyen algérien, surtout lorsque l’invité d’El Hiwar a allongé sa réponse au journaliste qui lui posait la question : «Vous avez le droit de rêver, mais à vos frais, pas aux frais de la République ni aux frais de la population qui a d’autres rêves. Dans les zones d’ombre, je doute fort qu’ils rêvent d’acquérir un véhicule touristique.» Une nouvelle attitude pour le ministre de faire baisser davantage sa cote de popularité déjà mal en point, à travers des tirs croisés à son encontre.
Pour le président de l’Association de protection des consommateurs et de l’environnement (Apoce), l’heure est toujours à la critique et aux remises en question de certaines déclarations de Ferhat Aït Ali. Dans le cas de celles faites samedi, Mustapha Zebdi estime qu’«elles n’auraient pas dû être faites». «On a le droit de rêver. Et nul ne peut empêcher un Algérien de rêver», a insisté M. Zebdi dans une intervention sur TSA. «Nous demandons à ce qu’il y ait une révision de position et d’utiliser des propos affinés pour être acceptés par la population». «On a le droit de rêver», martèle l’intervenant, non sans relever que, tel qu’il est géré actuellement, le dossier automobile est un «échec total» dans sa partie réservée à l’importation de véhicules.
De son côté, le sénateur Abdelouahab Benzaim reprochera à M. Aït Ali de faire cavalier seul contre tous. n