Le gouvernement aura fait un bon coup en instaurant le régime des licences d’importation dans le secteur automobile (toutes gammes confondues), gros consommateur de devises. Cela lui a permis d’importer moins de véhicules en 2016 et, du coup, faire des économies sur ce poste important.

Dans la catégorie des voitures de tourisme, par exemple, la facture d’importation a sensiblement baissé sur l’année écoulée, se chiffrant à 1,292 milliard de dollars, contre 2,038 milliards de dollars en 2015, soit une baisse de 36,61%. Dans la classe des véhicules de transport de personnes et de marchandises, la valeur de l’importation a atteint 782,36 millions de dollars, contre 1,5 milliard de dollars en 2015, en chute de…. 48%. Pour ce qui est des parties et accessoires des véhicules automobiles (classés en biens de consommation non alimentaires à l’instar des véhicules de tourisme), leur facture s’est située autour de 393,96 millions de dollars, contre 394,86 millions de dollars en 2015, soit une légère baisse de 0,23%. Le compte serait ainsi bon, par comparaison aux chiffres d’il y a deux à trois ans, devrait dire l’Exécutif. L’Etat importait en 2014 pour presque six milliards de dollars de véhicules. La courbe descendante des importations amorcée en 2016, première année de mise en application des licences d’importation- sur cet exercice, le contingent quantitatif a été fixé à 98 374 unités – va se poursuive en 2017, avec un contingent beaucoup moins important, que celui de l’année passée, on parle d’un quota de 50 000, surtout que la Banque d’Algérie a instruit les banques et les établissements financiers à geler, à compter du 2 février 2017, toute domiciliation d’importation de véhicules par les entreprises pour propre compte en attendant la mise en place d’un nouveau mécanisme d’encadrement. Le tour de vis dans l’importation de véhicules, un mal nécessaire, dans le contexte d’aujourd‘hui, a toutefois mis le marché sous pression. La demande ne cesse de s’accroître, alors que l’offre se rétrécit. Résultat, un citoyen qui veut acheter un véhicule devra s’armer de patience ; il faut compter six mois à une année pour être livré. Et, le suspense reste total sur l’attribution des licences pour 2017. Le gouvernement semble vouloir assainir davantage le marché, avant l’octroi des « sésames ». Actuellement, certains importateurs auront été pénalisés par les retards accusés dans les commandes auprès des maisons-mère, d’autres auront tenté d’introduire des véhicules qui ne répondent pas aux normes de sécurité telles qu’exigées par le cahier des charges relatif à l’activité automobile. L’on évoque même le blocage de quotas qui allaient être importés entre novembre et décembre 2016. Tenant compte de ces informations, et d’autres données, Abdelmadjid Tebboune, ministre du Commerce par intérim, aura souhaité que la commission intersectorielle chargée de l’attribution des quotas et des licences essaye d’abord d’inventorier et de comptabiliser les importations effectuées par les concessionnaires automobiles et les ventes de l’année 2016. Dans l’automobile, comme dans d’autres créneaux, les engagements pris par le gouvernement représentent, certes, un effort considérable en termes économiques et financiers, l’objectif étant de réduire la facture des importations qui a dépassé les 45 milliards de dollars en 2016, et de contenir le phénomène de surfacturation connu de tous, un phénomène qui a mis et qui continu de mettre mal à l’aise le gouvernement, démontrant son impuissance à le contrôler ou le stopper. Mais tout cela demeure insuffisant, tant qu’il n’existe pas de réelle diversification économique. Aussi est-il temps de penser à des actions efficaces et surtout durables, qui soient en mesure de soutenir le développement de la production nationale et des exportations hors hydrocarbures, en levant toutes les barrières qui y font obstacle. L’Algérie régulera davantage ses importations sans générer de pénuries et tout en respectant ses engagements internationaux, avait affirmé samedi le ministre du Commerce par intérim, Abdelmadjid Tebboune. Une réunion, présidée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, aura lieu dans les prochains jours pour fixer les montants d’importations des produits soumis aux licences d’importation au titre de l’exercice 2017.