Le ministre de l’Industrie et des Mines Ferhat Aït Ali, invité hier de la Chaîne 1, s’est longuement exprimé sur les dossiers de l’industrie et du marché automobile. Le responsable annonçant notamment que l’importation de véhicules d’occasion de moins de trois ans «n’avait pas été interdite» par le gouvernement. Mais la formule, imaginée durant les dernières années de la présidence Bouteflika, avait néanmoins été «gelée».
Expliquant ainsi que cette «formule d’importation» n’est «avantageuse ni pour l’Etat ni pour le citoyen». Ferhat Aït Ali n’a cependant pas totalement écarté la possibilité d’y recourir à l’avenir. «Pour le moment il s’agit d’un gel et non d’une interdiction (…) mais dans un avenir proche, après la réforme du système financier et la fin du marché parallèle, il sera envisageable de penser à l’importation de voitures d’occasion. Mais il faudra trouver une solution acceptable pour tout le monde». Ainsi pour Ferhat Aït Ali, qui a fait savoir son «hostilité» à une telle mesure dans les conditions économiques actuelles du pays «… il est impossible d’appliquer cette idée sans causer à l’Algérie des pertes énormes en devises». Il explique également que l’ancien système avait «dans les faits» proposé cette formule pour «favoriser ce que l’on appelait l’industrie automobile». L’importation de véhicules d’occasion aurait de surcroît conduit, selon le ministre, à l’émergence de réseaux d’importateurs. «Il est clair que ce n’est pas le citoyen lambda qui irait avec son visa acheter une voiture d’occasion (…) cela profiterait à des réseaux organisés implantés en France (…) et ils pourraient envoyer toutes les anciennes voitures d’Europe en Algérie».
Le ministre a également fait savoir hier que l’objectif du gouvernement était aujourd’hui de purger le secteur automobile des faux projets. «Le travail a été d’éliminer les projets fictifs, qui ont bénéficié d’avantages énormes». Le secteur automobile reste cependant ouvert à l’investissement, Ferhat Aït Ali annonce ainsi que 30 projets sont à l’étude. «Il y a actuellement 30 dossiers de demande d’agrément en attente. D’autres investisseurs peuvent encore se présenter». L’un des projets les plus avancés reste ainsi le dossier Volkswagen, dont les représentants étaient la semaine dernière en discussion avec le ministre : «Ils ont la volonté de lancer un projet industriel selon les critères du gouvernement et en faisant appel à leurs sous-traitants internationaux. Nous avons parlé des nouvelles lois qui encouragent fiscalement ces investissements», fait savoir Ferhat Aït Ali. Ajoutant en substance que l’objectif du gouvernement est de «rediriger» tous ce qui était accordé en termes d’avantages au «montage» vers la «fabrication réelle». Les taux d’intégration minimums seront de 30%, «c’est un minimum, et nous n’autoriserons pas un taux inférieur».
Quant aux autres secteurs d’investissement, le ministre a notamment fait savoir que des «investisseurs américains» s’étaient manifestés dans le domaine de «l’économie numérique». Un secteur que le gouvernement souhaite encourager, d’autant que la règle de 51/49 a été revue : «La règle du 51/49 était un frein, surtout du point de vue américain pour qui la liberté d’investir est indispensable, mais bien sûr la suppression de cette règle ne veut pas dire que nous ouvrons les portes sans contrôles. Certains secteurs, notamment stratégiques, peuvent être ouverts, d’autres rester réservés aux investisseurs algériens». <