Trois semaines après son dernier avis d’appel d’offres du 31 décembre 2020, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a lancé un nouvel appel, mardi, pour 50 000 tonnes de blé meunier d’origine facultative pour expédition du 15 au 28 février.

C’est ce que rapporte sur son site web l’agence d’information spécialisée dans les échanges mondiaux des céréales, Agricensus. Cette même source précise, par ailleurs, que ledit avis d’appel d’offres s’est clôturé, hier.
Pour l’heure, l’OAIC est dans l’attente de se voir livrer 300 000 tonnes de blé correspondant au contrat d’achat du 31 décembre 2020 à raison de 291,292 dollars la tonne pour livraison du 1er au 31 janvier courant si le blé provient d’Amérique du Sud, ou du 1er au 28 février si l’approvisionnement provient d’Europe ou de la mer Noire. Il importe de savoir que les deux derniers avis d’appel d’offres de l’OAIC (31 décembre et 18 janvier) s’inscrivent dans le cadre de son programme d’approvisionnement pour la campagne commerciale 2020/2021.
Une campagne qui devrait se solder, selon les prévisions du département de l’Agriculture des Etats-Unis (USDA), par l’importation de 6,5 millions de blé dur et tendre. Toujours à propos de campagne d’approvisionnement, l’OAIC, craignant une perturbation de l’offre mondiale en céréale primaire, générée par la crise sanitaire et son lot d’incertitudes, s’est manifesté sur le marché international à plusieurs reprises dans le but d’être moins vulnérable aux fluctuations des prix sur le marché mondial provoquées par la pandémie de coronavirus. Cela est d’autant vrai pour le blé russe, car la Russie, grosse exportatrice, envisage de faire passer de 25 à 50 dollars la taxe à l’exportation sur la tonne entre le 15 février et 30 juin prochains. Ce pays, justifiant cette hausse par le fait de vouloir «stabiliser les prix sur son marché intérieur».
Pour revenir aux prévisions d’achat de l’OAIC lors de la campagne commerciale 2021, les 6,5 millions de tonnes d’importation, en hausse par rapport à la campagne précédente, avancés par l’USDA, tiennent la route dans la mesure où la campagne moissons-battage 2020 «est en deçà des prévisions attendues», avait déclaré à l’époque le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, sans donner de chiffres précis lors d’une de ses sorties médiatiques. Mais devant l’insistance des médias, il avait argué que «nous attendons à ce que les résultats soient confirmés». Depuis, c’est toujours silence radio et pourtant nous sommes à près de quatre mois de la fin de campagne moissons-battage 2021, alors qu’il est de tradition au sein de ce département ministériel de rendre publics les résultats de campagne au plus tard à la fin septembre de chaque année. Un si long retard qui pousse à interrogation. Est-ce que les résultats atteints, lors de cette campagne, ne correspondent pas aux objectifs escomptés par le ministre de l’Agriculture, malgré la forte mobilisation en moyen matériel et intrants lors de la campagne labours-semailles ? On peut également supposer que la campagne moissons-battage s’étant soldée par des rendements si maigres que cela devenait difficile au ministre de les révéler à l’opinion publique, alors que la filière céréales bénéficie chaque année d’un soutien financier considérable. Faut-il enfin rappeler dans ce même ordre d’idées que le ministère de l’Agriculture a dit, tout au long de ces deux années, accorder une grande importance au développement de la culture des céréales primaires (blé dur, tendre et orge). Avec les piètres résultats de campagne de cette année, il y a lieu de croire qu’il reste beaucoup à faire si l’on veut que la facture d’importation en céréales du pays diminue de façon à ne plus peser lourdement sur le budget de l’Etat. n