Les importations algériennes de collections CKD-SKD, destinées à l’assemblage automobile pour le 1er semestre 2019, ont été dominées par la branche transport du personnel et de marchandises. Celle-ci a atteint une facture de 1,766 milliard de dollars, contre 1,711 milliard de dollars à la même période de l’année dernière, soit une hausse de 3,23%, selon la direction des études et prospectives des Douanes (DEPD).
Quant à la facture des kits destinés à l’assemblage de véhicules de tourisme, elle a plutôt évolué dans une tendance baissière, se chiffrant à 1,329 milliard de dollars entre janvier et juin 2019, contre 1,451 milliard de dollars à la même période de 2018, en recul de 8,38%. Cette baisse était, en fait, attendue, et la même tendance se poursuivra sur l’ensemble de l’année en cours, sachant que les pouvoirs publics ont décidé, depuis mai dernier, de plafonner à 2 milliards de dollars le montant alloué pour l’importation des kits de montage de véhicules de tourisme, alors qu’en 2018, ce montant avait atteint 3,73 milliards de dollars, contre 2,2 milliards de dollars en 2017, en hausse de 70%.
Outre le plafonnement des importations de kits à 2 milliards de dollars, le gouvernement avait décidé de réviser à la baisse la liste des modèles assemblés par les quatre opérateurs autorisés à activer par le Conseil national des investissements (CNI), à savoir Renault Algérie Production (Renault et Dacia), Sovac Production (VW, Seat et Skoda), Tahkout Manufacturing Company (Hyundai) et Gloviz (Kia). L’opération plafonnement s’inscrit dans la démarche des pouvoirs publics visant à alléger la facture d’une industrie automobile fonctionnant quasi-exclusivement par la bénédiction des kits importés, bien loin de la sous-traitance locale promise par les opérateurs concernés lors du montage de leurs projets respectifs. En plus des coupes budgétaires, l’Etat a choisi de bloquer plusieurs projets de nouvelles usines, dont l’amorce des activités était annoncée pour l’année en cours, mais qui continuent à attendre l’agrément du Conseil national des investissements (CNI). Ce dernier est entré en hibernation depuis de nombreux mois et il ne semble pas près de se réveiller de sitôt au vu de la situation que traverse le pays, mais aussi des remises en cause dont il fait l’objet à travers un dossier industrie automobile à lui seul révélateur du mode opératoire dont fait usage cet organisme pour décider du sort des projets qui lui sont soumis.