Les détails du régime d’importation des chaînes de production rénovées et du régime d’exemption de droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée, les composants et matières premières, importés ou acquis localement par les sous-traitants ont été révélés par le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar.

PAR INES DALI
«Les mesures qui ont été prises visent à atteindre la compétitivité des entreprises», a-t-il déclaré, hier à Alger, lors d’une journée d’information sur le lancement des régimes en question.
De prime abord, il a mentionné que les mesures sont basées sur cinq axes, dont le premier est «la priorité donnée à la rentabilité économique dans l’acquisition des chaînes rénovées», car «les capacités réelles de ces chaînes sont évaluées en déterminant la durée de vie minimale d’utilisation après le processus de rénovation au lieu de la norme basée sur la période d’utilisation avant rénovation qui était en vigueur». Quant aux équipements de production, deuxième point souligné par Zeghdar, il a été adopté «une norme basée sur l’âge à compter de la date de fabrication qui ne doit pas dépasser dix (10) ans», a-t-il dit.
Il s’agit également, dans le cadre des mesures annoncées, de «sécuriser le processus d’évaluation et de contrôle de la conformité des chaînes et équipements de production avant leur importation». Ceci en vérifiant dans quelle mesure les lignes et équipements à importer sont conformes aux conditions légales prévues, notamment «leur état général, leur aptitude à l’exploitation, la possibilité de maintenance, la disponibilité des pièces de rechange et la preuve de leur utilisation, ainsi que la nécessité de mener à bien un essai pilote», a expliqué le ministre.
Il a indiqué que ces opérations, qui constituent le troisième axe, seront effectuées par des bureaux d’experts accrédités, soit par l’Autorité algérienne d’accréditation (ALGERAC) ou d’autres organismes similaires au niveau des différents pays ayant signé des accords de reconnaissance mutuelle avec l’organisme algérien d’accréditation.
Le suivi est une étape importante évoquée par le ministre de l’Industrie. Il a fait savoir qu’il s’agit de la mise en œuvre d’un «suivi a posteriori du processus d’importation» des lignes et équipements rénovés, en obligeant le client à présenter «une attestation de mise en service et d’exploitation» de la ligne ou des équipements importés.

L’équipement agricole concerné
L’attestation devra être établie par «un expert assermenté résidant en Algérie», afin d’«éviter d’avoir recours à l’importation dans ce domaine» et d’«exclure la possibilité de l’émergence d’une catégorie d’intermédiaires et de spéculateurs sur ces chaînes et équipements sur le marché national». Eviter toute forme de surenchère et de spéculation est donc le quatrième axe dont a fait part le ministre, estimant que l’opération de suivi après importation est ce qui permettra de s’assurer de ne pas avoir de «la ferraille».
Les mêmes mesures concernent les équipements agricoles. C’est pourquoi il a été décidé d’étendre ce système au secteur agricole à travers «la possibilité de demander une licence douanière pour les équipements agricoles», le but étant de «permettre aux professionnels de ce secteur de profiter des opportunités disponibles sur les marchés mondiaux pour importer des équipements agricoles pouvant renforcer les capacités des équipements disponibles», a expliqué Zeghdar en évoquant le cinquième axe du nouveau régime des importations. Cette mesure vise à «renforcer la production nationale» en contribuant à «la relance d’une agriculture intensive et moderne, conformément à la vision stratégique du gouvernement», a-t-il affirmé. L’importation de matériel agricole s’effectue donc avec une licence douanière et sera exonérée de droits de douane. Elle ne concerne pas que les tracteurs mais également tout autre équipement qui n’est pas produit en Algérie, surtout que le pays compte intensifier l’agriculture dans le Sud, a précisé le ministre, ce qui nécessite «des équipements modernes et de qualité», le but étant de d’«assurer la sécurité alimentaire».

Développer la sous-traitance
Tout en soulignant que le système d’importation des équipements de production contribuera au développement de diverses industries, il a appelé les bourses de sous-traitance et de partenariat et tous les acteurs de ce domaine à redoubler d’efforts pour asseoir «une sous-traitance industrielle forte et durable». Il a également appelé les grands producteurs et l’ensemble des opérateurs économiques à «dépasser le stade des relations commerciales» et à «s’engager dans une démarche coordonnée, afin de construire un partenariat pérenne au profit du tissu industriel national», en plus de «contribuer à la protection de la production nationale, en remplaçant les importations par des pièces de rechange et des composants industriels locaux», et en créant «des opportunités d’emploi» ainsi qu’«une valeur ajoutée» à l’économie nationale.
Pour le régime ayant trait à l’exemption des droits de douane et de la TVA sur les composants et matières premières importés ou localement acquis par les sous-traitants et producteurs, Zeghdar a affirmé que l’objectif est de «créer un tissu de petites et moyennes entreprises (PME), condition sine qua non pour le développement des filières des activités industrielles et la réalisation de l’intégration locale». Une démarche qui contribue au remplacement des importations et encourage les exportations, a-t-il souligné, relevant la nécessité de «mettre en valeur les matières premières nationales», de «hisser le niveau technologique pour développer la production» et de «promouvoir la recherche scientifique et l’innovation».
Faisant montre d’optimisme, le ministre a estimé que «2022 sera une année économique par excellence». «Au moment où le monde vit une crise économique dont l’une des conséquences a été la vente de grandes entreprises mondiales à des prix incitatifs, l’Algérie a connu une dynamique au premier et deuxième trimestre, grâce aux instructions du président de la République au gouvernement, aux walis ainsi qu’au médiateur de la République pour solutionner de nombreux problèmes», a-t-il dit. Cette dynamique s’est traduite, a poursuivi Zeghdar, par 866 rapports du médiateur ayant permis, jusqu’à présent, la levée du gel sur 515 projets industriels, ce qui permettra de créer 52.000 emplois. Le souhait de l’Algérie est d’atteindre «une croissance appréciable pour le secteur de l’industrie et, pourquoi pas, un taux entre 10 et 15%».