Par Bouzid Chalabi
L’OAIC poursuit sa stratégie d’achat massif de blé meunier pour livraison en novembre, encouragé par une relative stagnation des cours mondiaux. Une commande qui intervient après la reprise des hostilités entre la Russie et l’Ukraine et ses conséquences sur le marché.
D’ailleurs, le marché vient déjà de connaître un rebondissement des cours. En effet, mardi dernier, le blé Euronext à échéance décembre 2022 bondissait de 10,75 €/t, à 358,75 €/t, tandis que le contrat mars 2023 augmentait de 10,25 €/t, à 357 €/trs. En somme, l’OAIC à travers deux achats massifs (300 000 et 500 000 tonnes) espacés d’une dizaine de jours (2 et 12 octobre) vient d’éviter in extrémis la surenchérissement subite des cours qui ont atteint leur plus haut en mars 2022, soit 500 euros la tonne de céréales primaires.
Ce qui est de bon augure dans la mesure où le pays a pu consolider ses stocks de à moindre coût financier. Sur ce dernier point, il convient de savoir, selon le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane, que l’Etat a consacré plus de 900 milliards de dinars, soit plus de 6,4 milliards de dollars pour l’importation de céréales en 2021 et 2022. Un montant qu’il a rapporté à l’occasion de la Déclaration de la politique générale du Gouvernement devant l’Assemblée populaire nationale (APN) lundi 03 octobre 2022. Tout comme il a indiqué que «le gouvernement a veillé, avec une vision prospective, à sa consolidation en apportant un appui financier important à l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), qui s’est élevé à hauteur de plus de 900 milliards DA en 2021 et 2022». Mais tout porte à croire que ce dernier montant va encore s’élever d’ici la fin de l’année dès lors où les besoins de consommation du pays sont estimés à près de 70 millions de quintaux entre blé dur, tendre et orge alors que la moisson 2022 s’est soldée par une récolte de 22 millions de quintaux.
Un écart appelé à être comblé par les importations. Une alternative que les pouvoirs publics visent à éviter dorénavant. Pour ce faire, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, sur instruction du chef de l’Etat, s’attèle à ce que notre production céréalière augmente et cela par le biais de l’élaboration de tout un plan de modernisation des pratiques culturales qui puissent permettre de meilleurs rendements à l’hectare. «Passé au moins entre 30 et 35 q/ha comme moyenne nationale contre 17 quintaux actuellement», avait instruit le chef de l’Etat lors d’un Conseil des ministres.
Dans ce même sillage, des agro-économes jugent à l’unanimité qu’ «il est de plus en plus impératif de faire baisser nos volumes d’importation d’au moins 10 millions de quintaux s’il l’on ne veut pas continuer à grever le budget de l’Etat consacré aux besoins de consommation». Un défi que l’on peut relever ont maintes fois martelé des experts dans le domaine à l’occasion de Forums consacrés à la sécurité alimentaire du pays. A la faveur du maintien du corridor sécurisé en mer Noire pour l’acheminement des blés ukrainiens destinés à l’exportation, le marché mondial des céréales a connu une reprise rapide de la demande internationale. C’est d’ailleurs le cas pour l’Algérie. En effet, l’office d’importation algérienne soutenue par l’Etat ou OAIC qui, après avoir conclu un achat massif de blé meunier de 300 000 tonnes au tout début de ce mois, revient à la charge avec cette fois la clôture d’un appel d’offres pour l’acquisition de 500 000 tonnes de blé meunier livrable en novembre prochain.