Conséquemment à son avis d’appel d’offres, lancé la semaine dernière, pour l’achat de 50 000 tonnes de blé de tendre de nouvelle récolte, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a conclu, hier mercredi, un contrat d’achat de blé tendre à raison de 218 dollars la tonne pour expédition en deux périodes de livraisons, première et seconde quinzaine de septembre 2020.

Par Bouzid Algérie
Selon nos sources auprès de l’OAIC, cet achat s’inscrit dans le programme d’achat annuel non sans nous signaler que l’Office à travers cet avis d’appel veut mettre à profit le repli du cours du blé de la semaine passée. Quant à l’origine du blé tendre rien n’a filtré, notre source se contentant de nous indiquer que les détails des transactions et des origines du blé tendre ne seront connus que plus tard. Mais au regard du prix conclu (218 dollars/tonne) les origines seront européennes principalement selon les analystes, baltes et françaises.
Notons que l’acheteur officiel algérien est revenu ces derniers jours sur le marché international des céréales après une éclipse de trois mois. Laquelle était considérée à l’époque comme de bonne guerre en raison du rebondissement des cours des céréales à l’international. Faut-il savoir dans ce même ordre d’idées que le précédent contrat d’achat de l’OAIC remonte à mars dernier et avait consisté en l’acquisition de 600 000 tonnes de blé de mouture à raison de 10,5 dollars /tonne de moins que le tout dernier achat de l‘OAIC.
Toujours au registre du programme des importations de céréales, il y a lieu de rappeler que les prévisions du département américain de l’agriculture (USDA) tablent sur une hausse de plus de 15% des importations algériennes de blé (7,5 millions de tonnes) durant la saison 2020/2021. Or, le ministère de l’Agriculture prévoit une saison record en termes de production de céréales. Toujours est-il que les prévisions de l’USDA reposent sur de sérieux indices. L’expert agronome Akli Moussouni Rahmouni en a cité les plus pertinents lors d’un entretien qu’il a accordé tout dernièrement à un site d’information en ligne local. «Les informations en temps réel, fournies par des systèmes de télédétection par satellite de la dynamique végétale combinée aux données de l’agro-météorologie et des cartes de la structure du sol, ainsi que de l’historique de l’assolement, font que les américains peuvent estimer la production des céréales en particulier dans n’importe quelle région du monde. Aussi, le domaine du traitement de l’image satellitaire ne s’applique pas seulement pour déterminer les rendements, mais aussi diagnostiquer l’état sanitaire des grandes plantations pour évaluer le marché mondial de céréales et encadrer les enjeux qui concernent l’alimentation humaine et animale. L’Algérie, en tant que cliente potentielle de ce marché fait l’objet bien entendu d’un intérêt pour ces statistiques prévisionnelles, généralement crédibles», a expliqué l’expert agronome.
Soulignons que l’OAIC a finalisé sur la scène internationale, lors de son dernier tender en date de mars 2020, l’achat d’environ 600 000 tonnes de blé tendre dans le cadre d’un appel d’offres mondial. Les prix d’achats étaient de l’ordre de 226 à 227 dollars la tonne, y compris les frais de transport. L’Algérie avait demandé aux fournisseurs d’expédier le blé en deux périodes, entre le 1 et 15 mai et le 16 et 31 mai.
Pour rappel, l’Algérie reste l’un des plus grands clients traditionnels de la France pour les achats de blé sur le marché international, qui dépassent 2,5 millions de tonnes par an. Le blé est un enjeu majeur pour l’Algérie, dont la consommation nationale atteint, bon an mal an, quelque 10 millions de tonnes. <