Selon l’établissement français des produits de l’agriculture et de la mer, France Agrimer, la France avait exporté, au 11 juin 2018, vers l’Algérie 4,1 millions de tonnes de céréales dont 3,2 de blé tendre. Ce qui confirme que l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC)

continue de faire emplette en grande quantité de blé chez les Français. Cet achat de blé français s’inscrit dans le cadre du programme d’approvisionnement annuel de l’OAIC. On apprend également, de l’agence Reuter qui rapporte l’information, que l’Office algérien a acheté 180 000 tonnes de blé par le biais d’un appel d’offres international qui s’est clôturé à la fin du mois dernier pour une livraison fixée à la mi-juillet prochain. Cette même source avance que le blé acheté devrait provenir en grande partie de la France. L’agence précise toutefois que l’OAIC a payé aux alentours de 229 et 230 dollars la tonne de blé incluant coût et transport. Il est utile de rappeler que l’UE demeure l’un des plus grands fournisseurs de l’Algérie en blé toutes variétés confondues si l’on se réfère aux chiffres fournis par les services douaniers français. Selon cette source, l’Algérie avait importé de l’Europe 2,4 millions de tonnes de blé tendre durant les six mois de la campagne 2017-2018 contre 2,9 millions de tonnes de blé tendre durant les six mois de la campagne 2016-2017. Quant au blé dur, l’Algérie a importé 34 998 tonnes durant les six mois de la campagne 2016-2017 alors que durant la campagne 2017-2018, elle a importé une quantité de 32 546 tonnes, toujours selon la même source. Il est utile de savoir également qu’en avril dernier, l’OAIC a acheté 388 000 tonnes de blé meunier pour une facture autour de 90 millions de dollars. Ce n’est que le dixième des besoins du pays, selon l’OAIC qui ne trouve d’autres choix pour satisfaire les besoins du pays en la matière que d’aller vers d’autres marchés, en l’occurrence le Canada.
L’USDA anticipe une production record pour l’Algérie en 2018
A propos d’approvisionnement, l’Algérie demeure l’un des plus grands importateurs de céréales au monde. En effet, pour les deux premiers mois de 2018, notre pays en a importé pour 542,8 millions de dollars contre 530,6 millions de dollars (+2,3%), durant la même période de l’année passée. Cette facture d’importation pourrait connaître une baisse si les bonnes estimations de la campagne moissons-battage 2018 venait à se confirmer. C’est d’ailleurs ce qu’avance le service agricole de l’étranger du ministère américain de l’Agriculture (USDA), dans son dernier rapport mensuel sur les produits agricoles dans le monde. L’USDA anticipe une production record pour l’Algérie à l’issue de la campagne moissons-battage 2018 avec une hausse d’au moins de 17% et de 30% au-dessus de la moyenne quinquennale. Cette perspective favorable est due principalement aux précipitations abondantes enregistrées tout au long de ces derniers mois sur l’ensemble de la frange nord notamment dans les régions à vocation céréalière.
Rappelons que la production annuelle des céréales de ces dix dernières années varie entre 30 à 35 millions de quintaux alors que la consommation dépasse les 80 millions de quintaux. Les potentialités de production céréalière sont de 40 millions de quintaux en année difficile, c’est-à-dire une mauvaise répartition de la pluviométrie. Elles sont de 50 millions de quintaux en année normale, une bonne répartition de la pluviométrie et en quantité suffisante. Elles seront de 60 millions de quintaux en bonne année, des pluies conséquentes avec une bonne répartition. Il est utile de rappeler que les études fréquentielles montrent que les années normales sont de 2 années sur 10 et que les céréales éprouvent des difficultés 8 années sur 10, et les bonnes années céréalières sont rares comme cela a été le cas en 2013 avec une moisson de 61 millions de quintaux toutes variétés confondues.Z. A.