Par Bouzid Chalabi
L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a lancé, samedi dernier, un avis d’appel d’offres pour l’acquisition de 50 000 tonnes de blé tendre de la nouvelle récolte pour livraison en août 2021. C’est ce que rapporte le cabinet dans les marchés internationaux agricoles «Agricensus» sur son site internet.
C’est donc le deucxième avis d’appel d’offres lancé par l’OAIC en l’espace de dix jours. Le premier ayant consisté en l’achat de 300 000 tonnes de blé dur livrables en juillet de cette année. A croire que l’acheteur de céréales de l’Etat algérien est revenu sur le marché avec un programme consistant d’achat après une éclipse de plus d’un mois, c’est-à-dire d‘avril à la mi-mai. Il convient de savoir que les derniers avis d’appel d’offres de l’Office interviennent à un moment où les cours mondiaux des céréales primaires (blé tendre, dur et orge) ont grimpé considérablement, notamment pour ce qui concerne le blé dur, car passant de 250 dollars la tonne à 295 $ /t. D’où l’on peut se demander s’il n’était pas préférable pour l’OAIC de geler son programme d’approvisionnement dans l’attente d’une revue à la baisse des cours. On apprend de sources proches que les achats de l’OAIC ne seraient pas retardés pour cause de prix élevés. Notre source nous expliquant «devant les tonnages considérables que se doit d’importer l’Office pour assurer les besoins de consommation du pays en blé tendre et dur demande des moyens de transport conséquents et du temps pour pouvoir acheminer les blés du port vers les silos dans les délais». «Ainsi la programmation des achats s’étale sur toute l’année quand bien même les prix sur le marché international sont élevés par période», nous a-t-on expliqué.
En somme, l’Office reste contraint d’assurer les besoins de consommation du pays en blé dur et tendre en important pas moins de 5 millions de tonnes par an (tonnage de ces cinq dernières années) au prix du marché international de ces deux céréales, mais dominé en termes de volumes par le blé tendre. Ce qui fait de l’Algérie le deuxième plus gros importateur de céréales dans le monde après l’Egypte, avec près de 8 millions de tonnes toutes céréales primaires confondues. Une facture d’importation qui pèse lourd sur le budget de l’Etat. C’est pourquoi les pouvoirs publics ont jugé utile de plafonner les importations de blé tendre et blé dur à quatre millions de tonnes. Ce qui reste du domaine du réalisable pour peu que des mesures soient prises dans ce sens avec en priorité booster la production de blé dur afin de réduire les importations de blé tendre de sorte à changer la tendance actuelle de consommation où le blé tendre domine entièrement. Cela reste à la portée du pays.