Tout en renforçant ses importations de blé, l’Algérie est en train de diversifier ses fournisseurs en ce type de céréales dont la consommation du pays est grandement dépendante des achats effectués à l’étranger.
Par Feriel Nourine
Il s’agit de prévenir contre toute mauvaise surprise face à un marché de céréales perturbé et qui tend à devenir imprévisible face à une guerre russo-ukrainienne visiblement pas près de s’arrêter.
Dans ce souci, l’Algérie vise la diversification maximum de ses sources d’approvisionnement en blé «auprès de 18 pays», a indiqué le Directeur général de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), Nasreddine Messaoudi, cité par La Dépêche, média électronique spécialisé dans le commerce des grains.
S’exprimant lors du Global Grain, qui s’est déroulé du 15 au 17 novembre en cours à Genève, en Suisse, M. Messaoudi a expliqué que la diversification souhaitée s’impose par le contexte de forte volatilité et de haut niveau des prix du blé. Il a également indiqué que «toutes les origines importées, incluant européennes (et françaises), ont donné satisfaction».
Concernant le blé importé de Russie, le premier responsable de l’OAIC a expliqué que les taux de protéines des lots russes étaient bons, tout comme les W (force boulangère), «souvent supérieurs aux origines européennes». Dans le cas du blé russe, il faut rappeler que l’assouplissement du cahier des charges, auquel a procédé l’OAIC en 2020, lui a rouvert grande la voie vers les ports algériens, à la faveur d’augmentations notables des quantités en provenance de ce pays.
Tout comme le blé russe, du blé provenant d’autres pays participent au renfort des stocks dont l’Algérie dispose, au rythme d’une série de commandes.
La dernière opération sur ce registre a eu lieu début novembre, à travers la réception par l’Algérie de 510 000 tonnes, selon Reuters. Cette transaction a été opérée à un prix compris entre 367 et 368 dollars la tonne, frais de port compris, a ajouté l’agence de presse britannique. Le blé devrait être expédié en deux périodes depuis les principales régions d’approvisionnement, dont l’Europe, du 1er au 15 décembre, et du 16 au 31 décembre, a souligné la même source, notant que s’il provient d’Amérique du Sud ou d’Australie, l’expédition est effectuée un mois plus tôt.
Quant à l’origine du blé acheté, le gros des quantités devrait provenir de la production russe et d’autres de France, a-t-on expliqué. Plus précisément, «un volume substantiel devrait provenir de Russie, même si certains proviendront probablement de France», a expliqué Reuters. n