Les principaux boulevards et carrefours de la capitale étaient, hier, sous haute surveillance policière afin d’empêcher les retraités de l’Armée nationale populaire (ANP) d’organiser une marche à Alger.

Plusieurs centaines d’ex-militaires ont tenté en effet, hier, de marcher sur Alger en réponse à l’appel de la Coordination nationale des retraités, radiés et des invalides de l’ANP. Mais leur tentative s’est heurtée à une présence importante des forces de l’ordre qui ont bloqué tous les accès menant à la capitale.

En effet, des compagnies de l’unité républicaine de la sécurité ont pris position place du 1er-Mai, alors que d’autres engins de la police étaient stationnés à l’entrée de la maison de la presse Tahar-Djaout. Un hélicoptère de la police nationale a été également mobilisé pour la circonstance.

A quelques mètres, rue Hassiba-Ben Bouali, c’est un impressionnant dispositif de sécurité qui a été mis en place. Ainsi, tous les accès à la place du 1er-Mai étaient sous le contrôle des forces de l’ordre. Même dispositif au niveau de la Grande-Poste où camions et fourgons de police ont pris position sur l’esplanade.

On apprend de sources sécuritaires que le même dispositif a été déployé aussi à l’entrée est de la capitale. Tout le long de l’autoroute Est d’Alger, les barrages de la police ont été renforcés. A El Hamiz, Bab Ezzouar et Ruisseau, les postes de contrôle ont procédé au filtrage des véhicules en provenance des wilayas de l’est du pays.

Même dispositif au niveau de Boumerdès, où ce sont des gendarmes qui ont été déployés sur l’autoroute pour vérifier l’identité des voyageurs dans les bus et les fourgons. Mais cela n’a pas été sans conséquences, puisque des queues interminables de véhicules se sont formées tout au long de cette autoroute fréquentée par des centaines de milliers de véhicules quotidiennement.

C’est la énième tentative des retraités de l’ANP d’accéder à la capitale pour organiser une marche et dénoncer les conditions dans lesquelles ils vivent après leur départ de l’armée. Ils revendiquent, entre autres, «une reconnaissance officielle, la révision de leur pension de retraite, des indemnités, une pension mensuelle à la mesure de leurs sacrifices, une prise en charge sociale et médicale, la régularisation de leur situation vis-à-vis de la sécurité sociale, l’accès à l’emploi, des licences de taxis, une meilleure prise charge médicale des blessés».

Rappelons que pas moins 79 797 cas de personnes souffrant de séquelles de blessures et handicaps contractés lors de l’accomplissement de leurs missions au sein de l’Armée nationale populaire (ANP), durant les années 90, ont été recensés par les différents bureaux régionaux des pensions militaires. Selon le ministère de la Défense nationale,
74 705 ont bénéficié de l’expertise médicale, ce qui représente un taux de 93,62%, dont 41 141 cas ont présenté des incapacités reconnues imputables au service.

Au début de l’année 2017, le ministère de la Défense nationale avait assuré que l’opération «d’étude des recours, au cas par cas, demeure toujours en cours dans les caisses régionales de retraite militaires». Le Haut-commandement de l’armée algérienne avait fait également part de sa volonté de procéder à la régularisation de l’ensemble des dossiers, en vue de permettre à cette catégorie l’accès à tous leurs droits, dont les pensions de retraite et d’invalidité, ainsi que la sécurité sociale.